Police partout, sécurité nulle part: la police phagocytée par les gratte-papiers

Image d'illustration / Photo: Pixlr
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Plus de policiers mais moins d’efficacité: malgré la hausse de la masse salariale dans la police nationale, le taux d’élucidation des enquêtes s’est “détérioré” depuis plusieurs années et le nombre d’agents sur le terrain n’a pas augmenté, selon une note publiée par la Cour des Comptes, jeudi 18 novembre.

Dans le document, la Cour estime que “la solution à l’insuffisance de ces performances se trouve avant tout dans une meilleure utilisation et une gestion rénovée des ressources humaines“.

Plus de policiers mais moins de résultats. En clair, il faut moins d’administratif et de paperasse, mais plus de flics sur le terrain.

La police nationale doit encore relever son niveau d’exigence dans les années à venir“, assure la Cour, estimant que “l’organisation du travail” et la “gestion des cycles horaires” doivent être adaptés “aux besoins opérationnels“. “Les résultats en termes de présence sur le terrain ou en termes de formation, de réussite au concours, ne sont pas à la hauteur“.

La hausse en dix ans de 21% de la masse salariale de la police, aujourd’hui évaluée à 10 milliards d’euros, a permis de recruter 8000 policiers en plus entre 2015 et 2020. Pourtant, le taux de présence sur le terrain des policiers est “en baisse”.

Trop d’administratif, c’est ce qui nous plombe“, déplore ainsi la porte-parole du ministère de l’Intérieur, Camille Chaize. “On a les moyens”, mais il faut changer “d’écosystème judiciaire et administratif”, a t-elle fait valoir.

Les effectifs des policiers affectés dans les services de “sécurité et paix publique” ont baissé de 10% en dix ans, alors que ceux de la “police des étrangers et des transports aériens” ont progressé de 31%.

La police judiciaire, qui doit faire face à 3,9 millions de procédures par an, est également “en difficulté”: “Elle n’attire plus les policiers et ses résultats sont marqués par un faible niveau d’élucidation des délits de bas milieu de spectre“, la délinquance du quotidien, selon la note.

En 2016, le taux d’élucidation pour les homicides s’élevait à 70,3%, contre 62,6% en 2020. Concernant les cambriolages, le taux est stable, autour de 10%. En revanche, pour les vols avec violence, 15,4% d’enquêtes ont été élucidées en 2020, contre 10,8% en 2015. Ces taux sont “révélateurs des difficultés de traitement des infractions par les services judiciaires de proximité“, selon la note, rappelant que le ministère souhaite accroître le nombre d’officiers de police judiciaire (OPJ) de 17 000 à 23 000 en 2023. En région parisienne, les OPJ sont en “nombre insuffisant” car “les conditions d’exercice sont dégradées” et “se retrouvent affectés en sureffectifs en province”.

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