En Corse, un islamiste jugé pour tentative d’assassinat sur deux gardiens. Comment minimise-t-on son crime?

Maison centrale de Saint-Maur / Photo: Capture d'écran Twitter
Maison centrale de Saint-Maur / Photo: Capture d'écran Twitter

À partir du 15 novembre sera jugé un détenu pour tentative d’assassinat sur deux gardiens qu’il avait attaqués en 2018 dans une prison de Haute-Corse. La justice fait des pieds et des mains pour éviter un contexte djihadiste.

Morad Akaouch, aujourd’hui âgé de 32 ans, s’était alors “drapé d’un drapeau palestinien” et avait crié “Allah Akbar”, selon plusieurs témoins, après avoir agressé à l’arme blanche les deux gardiens.

L’agression de Borgo, le 19 janvier 2018, avait eu lieu quelques jours après l’attaque par un détenu djihadiste de trois gardiens à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) qui avait déclenché un vaste mouvement national de grève, entraînant le blocage de 120 établissements sur 180.

La garde des Sceaux de l’époque, Nicole Belloubet, qui s’était rendue sur place, avait été sifflée par le personnel qui avait ensuite perturbé le fonctionnement de l’établissement pendant plusieurs jours.

Mais si l’agresseur de Borgo “faisait l’objet d’une enquête de radicalisation“, selon le parquet de Bastia, l’enquête préfère insister sur le profil d’un homme ayant une “pratique soutenue de la religion musulmane” mais qui n’a “jamais essayé d’entrer en contact avec des groupes terroristes” et a “dénoncé avec un ancien détenu les attentats qui donnaient une mauvaise image de l’islam“.

Jugé jusqu’au 19 novembre devant la cour d’assises de Bastia où il encourt la réclusion criminelle à perpétuité, Morad Akaouch est accusé d’avoir “tenté de donner volontairement la mort” avec préméditation à deux gardiens de prison qu’il a blessés à de multiples reprises à la tête, au niveau des cervicales et des clavicules, “des zones vitales” selon l’accusation.

Sans contester les agressions, l’accusé a affirmé lors de l’instruction que son acte n’était pas prémédité et dément avoir eu “l’intention de tuer”, évoquant “un accès de colère” lié au traitement que lui faisaient subir les gardiens, notamment lors d’une fouille de sa cellule, la veille des faits. Il accusait notamment les agents agressés d’avoir “marché sur son lit” et assurait s’être vu refuser des soins.

L’accusation pointe cependant des écoutes téléphoniques montrant qu’il a demandé à sa compagne de l’époque de “lui procurer un couteau en céramique”. “Son comportement dans les instants précédant les faits”, mis en évidence par les images de vidéosurveillance, “démontre suffisamment le projet qu’il avait”, estime l’accusation pour qui les deux gardiens “ne doivent leur survie qu’à l’intervention d’autres détenus”.

Morad Akaouch était détenu au moment de l’agression pour une condamnation en appel en novembre 2015 à huit ans de prison pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

 

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