À vos gardes! L’État sous-traite le racket fiscal au privé

Un homme au volant d'une voiture-radar privée traque les automobilistes/DR
Un homme au volant d'une voiture-radar privée traque les automobilistes/DR

Dès 2022, les voitures-radar privées pourront opérer sur tout le territoire métropolitain. Ces voitures-radar, confiées à des entreprises privées, banalisées et munies de flashs infrarouges non visibles, pourront chasser les automobilistes dans “tout ou partie” des régions.

Expérimentées entre 2018 et 2020, les voitures-radar privées s’étendent progressivement à tout le territoire métropolitain, selon un document prévisionnel budgétaire du ministère de l’Intérieur.

Ces véhicules banalisés circulaient déjà dans en Normandie, Bretagne, Pays-de-la-Loire et Centre-Val de Loire avant avril 2021, avant d’être déployés cette année dans le Grand-Est, les Hauts-de-France, la Bourgogne-Franche-Comté et la Nouvelle-Aquitaine. Désormais les régions de Provence-Alpes-Côte d’Azur, Auvergne-Rhône-Alpes, Île-de-France et Occitanie, qui n’étaient jusque-là pas incluses dans le dispositif, seront aussi concernées.

Le transfert des forces de l’ordre aux opérateurs privés est terminé dans quatre régions, et se poursuit dans les autres. Selon des chiffres de la Sécurité routière au 1er août 2021, 202 véhicules étaient conduits par les forces de l’ordre, 183 par des opérateurs privés.

Quelle est la différence? Les véhicules-radar, pour la plupart de type berlines, sont banalisés, équipés de caméras posées sur les plages avant et arrière afin de détecter automatiquement les excès de vitesse, sans flash visible. Les voitures privées ne circulent qu’avec un chauffeur à bord, alors que dans celles des forces de l’ordre, un fonctionnaire conduit tandis qu’un autre relève la vitesse maximum autorisée. Le parcours des voitures-radars privées est défini par la préfecture en fonction notamment des zones accidentogènes (ou plutôt fricogènes).

Par ailleurs, le parc de radars automatiques “se rapprochera du seuil maximum de 4700 équipements fin 2022”, indique le document du ministère de l’Intérieur.

Le ministère de l’Intérieur prévoit ainsi 714 millions d’euros de recettes grâce aux radars routiers en 2022 (contre 760 millions en 2019, selon les derniers chiffres disponibles).

Source: AFP

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