Décryptage! Zemmour candidat: la grande peur de Marine

Marine Le Pen et Eric Zemmour/DR
Marine Le Pen et Eric Zemmour/DR

Il y a dix jours, quand Marine Le Pen a refusé le principe d’un débat télévisé face à Éric Zemmour, elle a peut-être commis la plus grossière erreur de toute sa campagne présidentielle. En effet, en apprenant ce refus, le peuple tout entier, et même les militants RN, ont pensé: “Elle a peur.”

Peur de quoi? Peur de se montrer moins brillante que lui, elle qui n’est qu’une politicienne, alors que Zemmour est un essayiste, un chroniqueur, un polémiste, un pamphlétaire et une star.

Peur de passer pour une femme du passé, vaincue à plate couture par Macron en 2017, alors que Zemmour est un homme neuf en politique. Peur d’aligner des éléments de langage préfabriqués et téléphonés, alors qu’il est un improvisateur-né et un duelliste de haut niveau. Peur de paraître banale, alors qu’il est follement électrisant.

Peur de se trouver dans la position de victime de l’impitoyable Zemmour, obligée de se défendre, harcelée de questions, sous un déluge d’objections, tête baissée, alors qu’elle aime par-dessus tout attaquer la fleur au fusil. Peur de jouer en fond de court, le dos collé à la la tribune, alors qu’elle gagne ses matches au filet.

Peur d’être perçue comme la moins à droite des deux, alors qu’elle est supposée monopoliser la droite de la droite. Peur de sembler molle et tiède, politiquement correcte, technocrate, alors que son meilleur rôle est celui de la combattante insolente, tranchante et imprévisible. Peur d’être dédiabolisée par l’inquisiteur Zemmour.

Peur de s’enliser dans un programme du RN, un de plus, auquel elle ne croit pas vraiment, pas plus qu’elle ne croyait au précédent, face à un homme sans programme, qui pense tout ce qu’il dit et qui croit tout ce qu’il pense, et qui est adulé pour cela.

Peur d’être vampirisée, phagocytée, avalée par l’ogre Zemmour, grand professionnel du spectacle politique, capable de ridiculiser ses adversaires et de déshonorer ses ennemis sans la moindre mauvaise conscience.

Mais, plus grave que tout, en adoptant la posture de la craintive qui recule devant l’obstacle, Marine Le Pen trahit son propre camp. Car, à la droite de la droite, on a le droit de se tromper, on a le droit d’être maladroit, on a le droit de faire des gaffes, mais on n’a pas le droit, jamais, d’avoir peur. La lâcheté est une vertu chez les centristes, mais c’est la mère de tous les vices chez les patriotes. Au RN, la trouille est impardonnable.

Alors, qu’elle le veuille ou non, si Zemmour se déclare officiellement candidat, à plus ou moins court terme, Marine Le Pen sera condamnée à accepter ce débat. Elle devra aller au-devant du danger, descendre dans l’arène et tenter, comme elle pourra, de toréer le Minotaure Zemmour. Elle n’aura tout simplement plus d’autre choix. À moins de perdre toute crédibilité, et de s’interdire l’accès au second tour. Ce serait une pitoyable conclusion de sa carrière politique.

Les amis de Marine Le Pen ont désormais un point commun avec ses ennemis: ils espèrent qu’elle va affronter Zemmour en face-à-face, lors d’un prime time qui battra à coup sûr des records d’audience. Le compte à rebours est lancé. La droite est de retour et elle veut du spectacle.

 

1 COMMENTAIRE

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici