Procès des attentats du 13 novembre: Paris est en état d’alerte

Yusuf Sawar / Photo: DR
Yusuf Sawar / Photo: DR

“Le procès des attentats se déroule au cœur de Paris, dans l’un des endroits les plus emblématiques, près de la préfecture de police, de l’Hôtel de Ville et de grands musées. Tout sera contrôlé et encadré. Il ne doit y avoir aucune faille”, annonce une source policière.

Ce sera le plus grand procès français du XXIe siècle. Et il ne fait aucun doute que les réseaux terroristes internationaux rêvent d’y ajouter leur grain de sel. Alors, les forces de l’ordre vont sortir le grand jeu pour empêcher tout dérapage.

C’est le procès des attentats du 13 novembre 2015, qui ont marqué à jamais la mémoire des Français. 130 morts et 1 300 blessés, dont 100 graves, en quelques heures. Il est temps de juger les coupables, même si le verdict est connu d’avance pour la plupart: la perpétuité assortie d’une peine de sûreté maximale.

Le défi du ministère de l’Intérieur sera de maîtriser la situation et, surtout, d’empêcher toute forme d’attentat ou de provocation médiatique dans la capitale. Tâche complexe, car, avec plus de 1 800 parties civiles, et de 330 avocats, magistrats et accusés, ce procès géant va devoir gérer un très grand nombre de participants.

L’accès au périmètre du Palais de Justice sera soumis à des contrôles d’identité et à des fouilles de sac systématiques. La circulation automobile et pédestre sera totalement fermée quai de l’Horloge et quai des Orfèvres. Et on ne nous dit pas tout.

“Vous vous doutez bien que rien ne sera dévoilé dans le détail. La menace terroriste est présente. Sur les 20 personnes poursuivies dans ce procès, 14 sont présentes, dont de gros poissons, et pas que Abdeslam. Alors forcément, ni le nombre de policiers et de gendarmes mobilisés, ni leur emplacement ne seront rendus publics “, explique un policier. L’alerte est maximum, le secret aussi.

Et ces mesures de sécurité exceptionnelles ne sont pas près de cesser: le procès durera du 8 septembre prochain au 25 mai 2022. Neuf mois! Un événement que la France et la presse vont suivre avec un immense intérêt. Un combat au sommet entre l’État et islamisme où les culpabilités des accusés seront examinées sans pitié, et où le déroulement des faits sera disséqué seconde par seconde. Cette fois, la Justice ne pourra pas jouer au gauchisme judiciaire comme elle l’a fait dans l’affaire Sarah Halimi. Si elle pardonne aux 14 terroristes arrêtés, elle ne sera jamais pardonnée.

La salle d’audience a été entièrement créée pour l’occasion. En bois clair et moderne, elle peut accueillir 600 personnes et est équipée d’écrans de retransmission pour les rangs du fond et les gradins situés sur les côtés. L’audience sera aussi intégralement retransmise dans une dizaine d’autres salles du Palais.

Tous les regards seront braqués sur Salah Abdeslam, le seul membre des commandos encore en vie, qui a toujours refusé de répondre aux questions des enquêteurs et des juges. Et elles sont nombreuses. “Pourquoi a-t-il accompagné tous les kamikazes? Pourquoi a-t-il déposé trois terroristes au Stade de France, puis est-il venu se garer dans le XVIIIe arrondissement de Paris, où le texte de revendication de Daech évoquait a posteriori une attaque? Pourquoi a-t-il ensuite pris le métro et jeté son gilet explosif dans une poubelle de Montrouge, à l’autre bout de Paris? Son gilet a-t-il seulement été défaillant? Ou Salah Abdeslam a-t-il renoncé à l’activer avant même d’essayer?”

Le procès sera filmé, mais le grand public ne pourra le voir que dans… cinquante ans. Les citoyens français n’ont pas le droit de regarder en face les hommes qui veulent les exterminer.

Source citations: BFMTV, France Inter

 

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