Le Président tunisien prend le pouvoir exécutif et bloque le Parlement

Kaïs Saïed/Photo: Wikipedia

Coup de théâtre dans la jeune démocratie tunisienne: le président Kaïs Saïed a décidé dimanche soir de s’octroyer le pouvoir exécutif et de geler les travaux du Parlement pour 30 jours à l’issue d’une journée de manifestations contre le principal parti au pouvoir.

La démocratie tunisienne fonctionne depuis l’adoption, en 2014, d’une Constitution de compromis selon un système parlementaire mixte, dans lequel le Président n’a que la diplomatie et la sécurité pour seules prérogatives.

Mais le pays s’est enfoncé dans des crises politiques complexes depuis 2019 et l’arrivée au pouvoir d’une Assemblée fragmentée et d’un Président farouchement indépendant des partis, élu sur fond de ras-le-bol envers la classe politique au pouvoir depuis 2011.

Depuis, la principale force politique du pays est le mouvement Ennahdha, pour “mouvement de la renaissance“, un parti islamiste et conservateur…

Or, hier, à Tunis et dans plusieurs autres villes, des milliers de Tunisiens exaspérés par les luttes de pouvoir et la gestion contestée de la crise sociale et sanitaire par le gouvernement sont sortis dans la rue, tirant des feux d’artifice et klaxonnant avec enthousiasme, au mépris du couvre-feu. Les protestataires ont notamment réclamé la “dissolution du Parlement“.

Engagé depuis des mois dans un bras de fer avec Ennahdha, le chef de l’État Kaïs Saïed a déclaré: “Selon la Constitution, j’ai pris des décisions que nécessite la situation afin de sauver la Tunisie, l’État et le peuple tunisien. Nous traversons les moments les plus délicats de l’histoire de la Tunisie“, à l’issue d’une réunion d’urgence au Palais de Carthage.

Pendant sa campagne électorale, Kaïs Saïed prônait  une révolution par le droit et un changement radical de régime… hier, il a annoncé qu’il démettait de ses fonctions le chef du gouvernement, Hichem Mechichi, et qu’il se chargerait “du pouvoir exécutif avec l’aide d’un gouvernement dont le président sera désigné par le chef de l’État“.

Ennahdha a fustigé “un coup d’État contre la révolution et contre la Constitution” et souligné que ses “partisans ainsi que le peuple tunisien défendront la révolution“.

Une situation à surveiller avec attention, en pensant aux centaines de milliers de Tunisiens installés en France, légalement ou non: Vaut-il mieux un coup d’État en Tunisie, ou une majorité islamiste conservatrice?

Source: 20 Minutes

 

 

 

1 COMMENTAIRE

  1. l’auteur résume bien la situation en Tunisie. le Président de la République étant un spécialiste du droit constitutionnel, et surtout indépendant, il sait ce qu’il fait et le peuple en a une entière confiance en lui. il lui reste à prendre des décisions plus coriaces pour satisfaire les revendications populaires. la mission du président est de veiller à ne pas permettre à une classe politique de gérer le pays à sa guise jusqu’à enflammer la rue. il peut meme actionner la justice pour sévir à l’encontre des auteurs de ces troubles.

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