Le Pakistan accusé de fournir un appui aux talibans en Afghanistan

Jeudi dernier, les forces afghanes ont lancé une contre-offensive pour tenter de reprendre la ville de Spin Boldak, tombée aux mains des talibans deux jours plus tôt. Mais l’armée de l’air pakistanaise leur a mis des bâtons dans les roues…

Spin Boldak est une ville hautement stratégique: elle verrouille la route reliant Kandahar à la frontière pakistanaise, puis mène à Quetta, où est installée la “Choura de Quetta”, l’état-major du mouvement taleb, et au port de Karachi.

Jeudi, les soldats et les policiers afghans ont progressé jusqu’au marché de la ville, faisant ainsi reculer les talibans qui se sont abrités dans les maisons de civils, d’où ils ont tiré sur les forces afghanes quand elles sont arrivées à portée de tir.

Trois avions d’attaque A-29 Super Tucano devaient être mobilisés pour soutenir les soldats et policiers afghans, mais ils n’ont pas pu décoller, pour une raison révélée le soir même par le premier vice-Président de l’Afghanistan, Amrullah Saleh.

Le vice-Président a en effet expliqué sur Twitter que “La force aérienne pakistanaise a averti son homologue afghane qu’elle lui ferait face et qu’elle repousserait toute tentative visant à déloger les talibans de la zone de Spin Boldak“.

La force aérienne pakistanaise fournit désormais un soutien aérien rapproché aux talibans dans certaines zones“, en a-t-il conclu.

Un analyste a déclaré que les avions militaires ne devraient pas s’approcher à moins de 18,5 kilomètres de la frontière d’un autre pays lors de la conduite d’une opération basée sur les lois internationales“, a confirmé le site afghan d’information Tolo News.

Cette provocation pakistanaise empêche, entre autres, tout opération au-dessus du poste-frontière de Chaman. Or, ce poste frontière est également passé depuis quelques jours sous le contrôle des talibans…

Sans surprise, le ministère pakistanais des Affaires étrangères a réfuté les accusations du premier vice-président afghan. “La partie afghane a fait part au Pakistan de son intention de mener des opérations aériennes à l’intérieur de son territoire, en face du secteur Chaman du Pakistan. Le Pakistan a répondu positivement au droit du gouvernement afghan d’agir sur son territoire“, a-t-il  rétorqué.

Comme d’habitude, le Pakistan nie apporter son soutien au mouvement terroriste ultra-islamiste. Quand les talibans furent chassés de Kaboul par l’intervention américaine après les attentats du 11 septembre 2001, leur direction alla s’établir au Pakistan, plus précisément à Quetta.

Pendant des années, et malgré l’évidence, les autorités pakistanaises nièrent cette présence… jusqu’à l’aveu, fait en mars 2016 par Sartaj Aziz, alors conseiller aux Affaires étrangères du Premier ministre Nawaz Sharif.

Amrullah Saleh a assuré qu’il produirait les preuves de ses accusations, répétant que “Pendant plus de vingt ans, le Pakistan a nié l’existence de la Choura de Quetta et la présence de chefs terroristes talibans sur son sol“.

Source: opex360.com

 

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