Malgré leurs bonnes relations historiques, les talibans veulent chasser les forces turques de l’Afghanistan

Soldats turcq en Afghanistan / Photo: Wikimedia Commons
Soldats turcq en Afghanistan / Photo: Wikimedia Commons

La Turquie doit retirer ses troupes d’Afghanistan dans le cadre de l’accord conclu l’an dernier avec les États-Unis sur le retrait militaire du pays, a déclaré jeudi un porte-parole des talibans, rejetant la proposition d’Ankara de déployer des soldats à l’aéroport de la capitale, Kaboul, une fois rendu effectif le retrait des forces américaines et de l’Otan.

La Turquie fait partie des troupes de l’Otan présentes depuis 20 ans donc, en l’état, elles doivent se retirer d’Afghanistan sur la base de l’accord que nous avons signé avec les États-Unis le 29 février 2020“, a dit le porte parole taliban.

Le porte-parole des insurgés a souligné par ailleurs les “bonnes relations” historiques entre l’Afghanistan et la Turquie, disant vouloir les préserver à l’avenir avec l’arrivée au pouvoir d’un nouveau gouvernement islamique.

Au cours d’une réunion de l’Otan le mois dernier, Ankara a proposé de protéger et diriger l’aéroport de Kaboul une fois que l’ensemble des troupes américaines et de l’Otan se seront retirées du pays, soit d’ici au 11 septembre prochain, selon l’annonce effectuée en avril par le président américain Joe Biden.

De nombreux parlementaires américains, ainsi que d’anciens et d’actuels représentants, craignent que le départ des troupes étrangères plongent l’Afghanistan dans la guerre civile, ce qui permettrait aux talibans de revenir au pouvoir, sur fond d’impasse dans les discussions de paix entre les insurgés et le gouvernement de Kaboul.

La Turquie, qui participe à la Force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan avec 1845 personnes, contribue à assurer la sécurité autour de Kaboul et dans la province de Wardak. Le 16 mars 2012, 9 officiers, 2 sous-officiers, 1 sergent et 6 soldats ont perdu la vie dans l’accident d’un hélicoptère.

La présence militaire, culturelle et diplomatique turque en Afghanistan s’inscrit dans la stratégie d’Erdogan d’extension du soft power ottoman, facilitée par un contexte historique favorable.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a qualifié la relation entre les deux pays d'”exemplaire”, même s’ils n’ont pas de frontière, restant cependant proches.

Un récent sondage réalisé en juillet 2012 à Kaboul montre que l’Afghanistan compte surtout sur la Turquie et considère la Turquie comme le seul et unique véritable, meilleur allié de l’Afghanistan. L’ambassadeur de l’Afghanistan en Turquie a déclaré que “les Afghans aiment les soldats turcs en Afghanistan comme leurs fils“. L’Afghanistan a également été la deuxième nation à reconnaître la République de Turquie, après l’Union soviétique, le 1er mars 1923.

Le soft power turc passe par des programmes d’échanges éducatifs, culturels, et par la création d’écoles turques créées à l’intérieur de l’Afghanistan. En outre, des officiers de l’armée turque ont aidé ou même commandé la formation de militaires afghans et la coopération militaire.

En avril 2021, la Turquie a organisé des discussions de très haut niveau à Istanbul sur la question de la paix avec l’Afghanistan. Le pays a par ailleurs nommé un envoyé spécial pour l’Afghanistan.

Source: Reuters

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