Le Canada reconnaît enfin la nation québécoise… mais malheureusement c’est trop tard

Image d'illustration / Photo: Pixlr
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Une petite révolution est en train de se produire au Canada. Pour la première fois de son histoire, le peuple du Québec a été reconnu comme une nation. Jusqu’à présent, le gouvernement fédéral a été réticent à reconnaître ce principe, le considérant comme une menace pour la fédération canadienne.

La vieille revendication des habitants francophones n’est plus jugée dangereuse par le pouvoir central. La population du Québec n’est plus majoritairement composée de descendants des Français, c’est plutôt un melting-pot de migrants de tous les pays du monde.

La nouvelle, et révolutionnaire, disposition intervient dans le cadre d’un projet de loi sur la réforme linguistique pour renforcer la francophonie.

Point de revendication d’indépendance cette fois, mais cette initiative s’apparente néanmoins à une petite révolution au Canada.

Le gouvernement du Québec, avec l’actuel Premier ministre québécois, François Legault (Coalition Avenir Québec, patriote de droite), avait annoncé son intention de modifier sa Constitution de 1867. Un amendement devait y être ajouté, stipulant que “les Québécois forment une nation” et que “le français est la seule langue officielle du Québec et la langue commune de la nation québécoise”.

Depuis des siècles, la défense du français, c’est essentiel pour la survie et puis le développement de notre nation“, a affirmé le Premier ministre québécois François Legault.

À la très grande surprise de tous, le Premier ministre canadien Justin Trudeau ne s’est pas opposé à cette modification. Il a déclaré, au contraire, que le Québec a le droit de modifier sa Constitution et qu’il a le soutien du gouvernement fédéral pour le faire.

L’approbation du Premier ministre a toutefois suscité des critiques de la part des hommes politiques et des médias anglophones. Un chroniqueur a parlé de la “suprématie culturelle du nationalisme québécois“, tandis que d’autres ont reproché à Justin Trudeau de trahir l’héritage de son père, Pierre Eliott Trudeau, également ancien Premier ministre et ardent défenseur de la cohésion fédérale, basée sur la suprématie des anglophones.

En fait, cette nouvelle disposition, aussi révolutionnaire soit-elle, ne bouleverse en rien l’équilibre institutionnel du Canada. Même si elle donne un coup de peps aux patriotes québécois, elle vient trop tard.

Les espoirs d’indépendance soulevés par les patriotes québécois dans les années 1960 sont aujourd’hui minces. L’idée de l’indépendance a échoué lors des référendums de 1980 et 1995, et aujourd’hui le résultat serait encore plus prévisible.

La population francophone du Québec baisse petit à petit. 71,2% des Québécois avaient déclaré parler cette langue à la maison en 2016, contre 72,8 % en 2011, selon les données officielles de l’office statistique du Canada.

Qui plus est, la nation québécoise n’est plus constituée aujourd’hui par les descendants des Normands et des Poitevins, mais par un melting pot ethnique. Sous prétexte de renforcer la francophonie, les gouvernements successifs de la province, l’une des plus progressistes du Canada, ont largement ouvert les vannes de l’immigration à l’Afrique francophone ou à Haïti.

Source: Le Monde

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