Portrait. Plus à droite que Netanyahou, il va prendre sa place. Qui est Naftali Bennett?

Naftali Bennett/DR
Naftali Bennett/DR

Ancien bras droit du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, Naftali Bennett, désormais son rival à la tête de la formation Yamina, a finalement décliné sa proposition, afin de mettre un terme à son règne, et de devenir par le biais d’une autre alliance, le nouveau dirigeant de l’Etat juif.

Cet homme d’affaires de 49 ans qui a fait fortune dans la tech, est entré en politique sur le tard, mais est devenu depuis 2013, un visage incontournable du courant “nationaliste religieux” en Israël, et s’est ainsi vu confier plusieurs postes au gouvernement.

Kippa discrète sur sa tête dégarnie, Naftali Bennett est un défenseur du libéralisme économique, partisan d’une grande fermeté contre la menace des mollahs iraniens, ou encore favorable à l’annexion de près des deux tiers de la Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par l’armée israélienne depuis 1967.

Sa dernière fonction gouvernementale, était celle de ministre de la Défense en 2020, au pic de la pandémie de virus chinois dans le pays, où par l’organisation d’une mobilisation spectaculaire de l’armée, il a réussi à se bâtir une image, de “remplaçant légitime à Netanyahu”, explique Evan Gottesman de l’Israël Policy Forum.

Donné mort politiquement il y a encore 2 ans et après un résultat médiocre aux dernières législatives de mars, Bennett a su devenir ces dernières semaines le “faiseur de rois” d’un futur gouvernement de coalition. Refusant finalement le siège de Premier ministre pour une alliance avec Netanyahou, Bennett a accepter la proposition du centriste Yaïr Lapid.

Son ralliement de dernière minute à cette alliance hétéroclite – qui va de la gauche à son parti de droite, en passant par le soutien des députés arabes – a été négocié au prix fort: Naftali Bennett sera Premier ministre durant 2 ans, avant de céder sa place à son nouvel allié Yaïr Lapid.

Fils d’immigrés américains né le 25 mars 1972 à Haïfa, Naftali Bennett qui a servi dans la prestigieuse unité “Sayeret Matkal”, comme Netanyahu, s’est imposé au tournant des années 2000 comme l’un des ténors de la “start-up nation” avec son entreprise de cybersécurité Cyotta vendue pour 145 millions de dollars en 2005.

L’année suivante il rejoint le Likoud où il devient le bras droit de Benjamin Netanyahu. Deux ans plus tard, il quitte le parti pour diriger un temps le Conseil de Yesha, principale organisation représentant les colons israéliens en Cisjordanie, qui deviendra sa base de soutien, même s’il n’a jamais habité dans une de ces implantations.

En 2012, il prend la tête de la formation de droite Foyer Juif, qui s’est ensuite fédéré à d’autres petits partis pour former “Yamina” (A droite). Ce parti, connu pour son égérie, Ayelet Shaked, est aujourd’hui dirigé par Naftali Bennett, qui a réussi à rallier à lui une partie des colons par sa défense déterminée d’Israël.

Il a notamment assuré que le conflit avec les Palestiniens ne pouvait pas être réglé mais enduré comme un “éclat d’obus dans les fesses”. Ou encore, qu’il n’y avait pas d’occupation israélienne en Cisjordanie car “il n’y a jamais eu d’État Palestinien”.

Bennett a également déclaré à l’égard de prisonniers arabes, que les “terroristes doivent être tués pas libérés”. Il a aussi promis à l’Iran un “Vietnam” si la République islamique continuait, de s’implanter militairement en Syrie.

Père de quatre enfants et habitant de la ville cossue de Raanana, Naftali Bennett détonne aussi au sein de la droite religieuse: la place de la religion dans l’État ne sont dans ses priorités et il ne s’oppose pas non plus aux délires LGBTQ, pourtant contraire au judaïsme.

Source: AFP

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