L’Égypte va-t-elle mettre les femmes sous tutelle?

Des Frères Musulmans en Egypte/DR
Des Frères Musulmans en Egypte/DR

Les organisations féministes égyptiennes sont mobilisées sur les réseaux sociaux contre un projet de réforme du code de la famille qui prévoit de placer les Égyptiennes… sous l’autorité d’un tuteur masculin!

Le texte présenté au Parlement égyptien en mars dernier propose d’imposer aux femmes le statut juridique de “mineures légales”: elles seraient donc soumises aux autorisations de leurs tuteurs masculins… même après la prononciation de leur divorce!

Cette réforme aurait été principalement “pensée” par l’imam Ahmed Al-Tayeb, qui l’avait déjà proposée au Parlement national en 2018. Les femmes égyptiennes disposent pourtant déjà de bien peu de droits et ont le plus grand mal, par exemple, à obtenir un logement décent suite à leur séparation.

Mais la mainmise très restrictive de ce ‘tutorat” pourrait notamment empêcher les femmes de voyager ou de se marier sans l’accord d’une autorité masculine: père, frère ou époux.

Pire encore, l’absence d’indépendance poursuivrait les femmes jusque dans le cadre de leur séparation: même en l’absence du père, l’autorité du tutorat masculin resterait effectivement supérieure aux yeux de la loi, concernant par exemple l’éducation des enfants.

Si l’on en croit les propos du Centre pour l’assistance légale aux femmes égyptiennes, cité par le Financial Times, cette réforme provoquerait “un recul d’un siècle” et une révision intensément “régressive” et archaïque des droits de la famille dans le pays.

Sources : Financial Times, Courrier International, Terra Fémina

1 COMMENTAIRE

  1. S’il y avait que ça….Pauvres Egyptiennes !
    80 % des excisions réalisées par des médecins
    La tradition commence à reculer dans les jeunes générations, avec 70 % des 15-19 ans sexuellement mutilées en 2015, contre 81 % sept ans plus tôt, selon l’Unicef-UNFPA. Mais la majorité des Égyptiens (en particulier les hommes) continuent de soutenir cette pratique, qui remonterait à l’époque pharaonique ; alors que la plupart des autres pays africains concernés ont vu leurs opinions publiques radicalement évoluer et prendre position contre (selon le dernier rapport de l’Unicef-UNFPA).
    La moitié des Égyptiens pense que l’excision est un devoir religieux, même si le mufti, autorité sunnite d’al Azhar, a répété à plusieurs reprises que cette pratique était contraire à l’islam. En 2008, l’excision est devenue un crime et les peines encourues par les exciseurs et parents complices ont même été alourdies en 2017

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