Affaire Oxfam en Afrique: l’humanitaire de gauche, le dernier refuge pour les prédateurs sexuels

Oxfam / Photo: DR
Oxfam / Photo: DR

L’organisation caritative internationale britannique Oxfam a confirmé avoir suspendu deux membres de son personnel dans le cadre d’une enquête sur des actes d’intimidation, d’abus sexuels et des abus de pouvoir en République démocratique du Congo.

L’ONG avait lancé une enquête en novembre 2020 à la suite d’accusations selon lesquelles des cadres supérieurs se seraient livrés à des actes de fraude, de népotisme et d’intimidation. Des lanceurs d’alerte ont déclaré avoir fait part de leurs inquiétudes au sujet du personnel d’Oxfam en mission dans le pays d’Afrique centrale depuis 2015.

Les soupçons d’abus ont été détaillés dans une lettre datée de février 2021, signée par 22 anciens et actuels employés d’Oxfam et envoyée au siège de l’organisation caritative à Oxford, en Angleterre. La lettre accusait 11 personnes de mauvaise conduite. Selon le journal, ces personnes étaient encore employées par l’association.

Les accusations détaillent que les managers se sont engagés dans une “culture de l’intimidation” et ont harcelé sexuellement des employées. Certains auraient également eu des relations sexuelles avec des membres du personnel plus jeunes.

D’autres plaintes portent sur le manque de confidentialité du système de plaintes, ce qui signifie que les cadres avaient accès aux plaintes, ce qui entraînait des menaces et des intimidations si le personnel poursuivait ses plaintes.

Les lanceurs d’alerte ont affirmé avoir fait l’objet de “menaces sur leur vie et celle de leur famille“, y compris des menaces voire des tentatives d’empoisonnement.

Des accusations de corruption ont également été formulées concernant l’attribution de contrats pour des consultants, des logements et des voyages.

Paradoxalement, la Charity Commission britannique a estimé que “les personnes servies ou employées par Oxfam sont désormais mieux protégées contre les abus, l’exploitation et d’autres formes de préjudice” depuis que le scandale d’Haïti a été révélé il y a trois ans.

Un porte-parole de l’ONG a confirmé que deux membres du personnel avaient été suspendus. “Nous pouvons confirmer que nous avons suspendu deux membres du personnel d’Oxfam en RDC dans le cadre d’une enquête externe en cours, que nous avons mise en place en novembre dernier, sur des allégations d’abus de pouvoir, notamment d’intimidation et d’agressions sexuelles.

Nous sommes parfaitement conscients de notre devoir envers les survivants, notamment en les aidant à s’exprimer en toute sécurité. Nous travaillons dur pour conclure l’enquête de manière équitable, sûre et efficace.

Ces allégations surviennent un mois seulement après que le gouvernement britannique a payé sur des fonds publics les indemnités pour le scandale de 2018 en Haïti. Le gouvernement avait versé 31,7 millions de livres sterling de l’argent des contribuables àl’ONG.

En 2018, en Haïti, il a été révélé que des responsables d’Oxfam avaient monnayé leur aide alimentaire à des femmes haïtiennes affamées moyennant des faveurs sexuelles, entre 2010 et 2011, après que le pays eut été dévasté par un tremblement de terre.

La même année, elle a fait face à de nouvelles accusations de viols et d’agressions sexuelles de la part de ses travailleurs humanitaires dans le Soudan du Sud.

En octobre 2020, un rapport a révélé que des dizaines de femmes au Congo ont déclaré que des travailleurs humanitaires principalement étrangers avaient exigé des rapports sexuels en échange d’emplois pendant la crise Ebola de 2018 à 2020.

Les victimes avaient désigné Médecins sans frontières, Oxfam, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’UNICEF, l’agence des Nations unies pour l’enfance, et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), l’organe de l’ONU chargé des migrations.

Un rapport publié en janvier 2021 par des députés britanniques affirmait que le secteur de l’aide humanitaire internationale était devenu le “dernier refuge” pour les prédateurs sexuels cherchant à abuser des femmes et des enfants vulnérables dans les zones sinistrées.

En France, la filiale d’Oxfam est dirigée, depuis avril 2018, par Cécile Duflot, l’ancienne patronne des Verts qui a quitté la vie politique pour devenir la directrice générale de l’association. En décembre 2018, Manon Aubry, porte-parole d’Oxfam France jusqu’à cette date, a été désignée comme tête de liste de La France insoumise aux élections européennes de 2019. Elle a été élue depuis l’euro-députée mélenchoniste. L’ancien international de football Vikash Dhorasoo, d’origine mauricienne, un ex-candidat LFI aux municipales à Paris, est parrain d’Oxfam.

1 COMMENTAIRE

  1. Cécile Duflot ? Surtout qu’elle ne fasse pas entrer à Oxfam son beau frère, le sieur Bertand Cantat, le camarade syndiqué qui a un amour percutant pour les femmes. Ils ont assez de problèmes en ce moment.

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