Les Indiens d’Amérique ne veulent pas entendre parler de repentance!

Descendants de Freedmen manifestant pour leurs droits tribaux à Tulsa, Oklahoma_AP

Les tribus amérindiennes refusent de reconnaître leurs descendants d’esclaves comme des citoyens à part entière. Un pan d’histoire méconnue des États-Unis se retrouve soudainement sous les projecteurs. Si l’homme blanc est facile à amadouer, l’homme rouge, lui, reste inflexible.

Lorsque les tribus amérindiennes ont été chassées de leurs terres du sud-est vers l’actuel Oklahoma au début du XIXe siècle, des milliers d’esclaves noirs appartenant à des membres des tribus ont également été déplacés pendant la traversée. Une fois arrivés sur place, les esclaves travaillaient souvent dans les plantations ou en tant que personnel de maison.

Près de 200 ans plus tard, des milliers de descendants de ces esclaves noirs, appelés Freedmen (“Affranchis”), se battent toujours pour être reconnus par les tribus amérindiennes. Cette lutte a gagné en intensité depuis la mort de George Floyd qui a relancé le débat sur les vestiges de l’esclavage aux États-Unis.

Aujourd’hui, la nation cherokee est la seule tribu (parmi les cinq tribus historiques), qui reconnaît pleinement les Freedmen comme des citoyens à part entière, une décision adoptée en 2017 après des années de tribulations juridiques.

La nation séminole, implantée à Wewoka, fait notamment l’objet de vives critiques après que plusieurs citoyens noirs de la tribu ont été privés de vaccination dans un dispensaire amérindien géré par le gouvernement fédéral.

Les Freedmen de la nation séminole affirment qu’ils ne peuvent pas bénéficier des services dont bénéficient les autres citoyens tribaux, notamment les soins de santé, les plaques d’immatriculation tribales et les aides au logement. Ils se battent depuis des années pour être reconnus comme des citoyens tribaux à part entière dans des batailles juridiques. Tous se plaignent du racisme qu’ils subissent de la part des gouvernements tribaux et de leurs membres.

Les nations muscogee et choctaw ont invoqué la souveraineté tribale pour justifier leur opposition à la citoyenneté des Freedmen. L’année dernière, lorsque la députée démocrate, Maxine Waters, de Californie, a tenté de forcer les tribus reconnaître les Affranchis comme des membres de leur tribu, le chef de la nation choctaw, Gary Batton, a déclaré que c’était le gouvernement américain qui était responsable de ces individus.

Il n’y a pas d’élément plus fondamental dans la souveraineté tribale que le pouvoir d’une tribu comme la nation choctaw de déterminer sa propre citoyenneté“, a écrit M. Batton dans une lettre adressée à la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

Source : AP News

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