Comme la Macronie, le régime d’Erdogan ne veut pas que la police soit filmée par les citoyens

La police turque et le cas George Floyd mis en parallèle / Photo: DR

La police turque a reçu pour instruction d’empêcher les citoyens de la filmer lors des manifestations, a déclaré un important groupe d’avocats, suscitant des critiques et des craintes que cette mesure n’entraîne une augmentation des violations des droits de l’homme.

L’Association des juristes progressistes a publié sur son compte Twitter un document censé être une circulaire du département de la sécurité. Le document, daté du 27 avril et signé par le chef de la police nationale, affirme que le fait de filmer des fonctionnaires de police constitue une violation de leur droit à la vie privée et les empêche de remplir leurs fonctions.

Le chef de la police donne ensuite pour instruction aux agents d’empêcher les personnes d’utiliser leur téléphone portable pour enregistrer ou filmer la police pendant les manifestations, et les invite à “prendre des mesures légales” si nécessaire.

Il n’y a pas eu de confirmation officielle de l’instruction donnée à la police, qui a également été rapportée par plusieurs médias.

Le principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), a déclaré vendredi que cette mesure pourrait entraîner une augmentation des brutalités policières et qu’elle s’apparentait à “l’autoritarisme à son meilleur“.

Ils feront ce qu’ils veulent, intimideront comme ils veulent“, a déclaré le porte-parole du CHP, Faik Oztrak. “Ils vont piétiner les gens, avec les genoux sur la tête, mais les gens ne pourront pas filmer cela avec leur téléphone portable“, a-t-il continué en faisant référence au cas George Floyd aux Etats-Unis. L’image a été largement reprise dans les médias d’opposition.

En effet, une image montrant un policier turc plaçant son genou sur le dos d’un manifestant couché à plat ventre sur le sol lors d’une manifestation du 1er mai dans la ville d’Izmir, a beaucoup circulé l’année dernière. Comparée à l’arrestation de George Floyd, elle a suscité infiniment moins de protestations et peu de condamnations internationales.

Cette mesure dictatoriale est à mettre en parallèle avec la loi française relative à la sécurité globale, adoptée par la majorité macroniste le 15 avril. La Commission nationale consultative des droits de l’homme n’hésite pas à parler d'”une nouvelle étape de la dérive sécuritaire en France“.

L’article 24 de la proposition de cette loi a proposé de constituer un nouveau délit. Serait punie d’un an de prison et de 45 000 euros d’amende la diffusion, par tout moyen, de “l’image du visage ou tout autre élément d’identification”.

Accusations de “putsch”, purge dans l’armée, financement des mosquées Mili Gorus, et maintenant l’interdiction de filmer les flics en action… Les similitudes de la Macronie avec le régime d’Erdogan inquiètent. Qui s’inspire de qui?

Sources : AP/ dokuz8haber.net/ Twitter

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