“Si c’est AstraZeneca, je m’en vais!” La campagne de vaccination compromise en France?

Image d'illustration / Photo: Flickr
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Dès le 4 avril dernier, FL24 vous informait du rejet du vaccin AstraZeneca par des centaines de Calaisiens qui venaient d’annuler leur rendez-vous de première injection. La tendance se répand maintenant de plus en plus…

Exemple? Dans le centre de vaccination de Douai, dans le Nord, il y a des chaises vides et peu de volontaires. Christophe, 58 ans, était pourtant bien prêt à se faire vacciner contre le Coronavirus chinois, mais à une condition: “Pas d’AstraZeneca. Si c’est AstraZeneca, je m’en vais”, explique-t-il.

En cause: une psychose qui s’est installée ces dernières semaines après de nombreux témoignages et articles de presse faisant état de cas de thromboses après vaccination avec ce produit.

Face à ces légitimes inquiétudes, les autorités sanitaires tentent de rassurer  en ressassant que ces cas sont, selon elles, extrêmement rares. mais les Français ne sont pas dupes et la méfiance, à tout le moins, se répand de plus en plus.

À Nice, entre autres, le centre de vaccination censé rester ouvert tout le week-end a dû fermer… faute de candidats. Et dans de nombreux cas, comme l’explique un médecin du centre de Douai, il y a une certaine tension avec les personnes âgées.

Un monsieur de 90 ans est arrivé, je l’accueille. La première question qu’il pose est ‘C’est bien Pfizer? C’est bien le Pfizer?’, avec une agressivité qu’on n’a pas l’habitude de voir chez ce genre de patients“, raconte-t-il.

C’est un gros boulot de négociation. Les consultations de vaccination durent longtemps à cause de l”AstraZeneca“, continue-t-il, “Ces consultations durent 15-20 minutes, voire plus, alors qu’une consultation avec le vaccin Pfizer ne dépasse pas les 5 minutes“.

Certains patients vont même jusqu’à vérifier ce qui est écrit sur la seringue pour vérifier que l’on ne leur injecte pas de l’AstraZeneca! “Il faut continuer à utiliser ce vaccin“, martèle pourtant la présidente du comité scientifique sur les vaccins, Marie-Paule Kieny.

Le problème, c’est qu’une fois qu’un mouvement de panique est lancé, c’est très difficile de l’arrêter“, poursuit-elle. “Il faut quand même bien dire que ces effets secondaires et les thromboses très particulières sont extrêmement rares. On parle de quelques cas par millions de personnes vaccinées“.

Peine perdue: de plus en plus en plus de Français pourtant décidés à se faire vacciner oscillent entre méfiance et franche hostilité envers AstraZeneca et exigent Pfizer ou Moderna… d’autant plus que le vaccin unidose de Johnson & Johnson, arrivé lundi sur le marché français, suscite déjà le même genre de polémiques.

Et cette défiance risque d’avoir des conséquences néfastes sur une campagne de vaccination déjà très chaotique: “Si les gens qui peuvent être vaccinés en toute sécurité par AstraZeneca insistent pour avoir des ARN aussi, cela veut dire que toute la campagne de vaccination va se traîner en longueur. On prendra beaucoup plus de temps pour arriver à se débarrasser de cette troisième vague“, conclut la présidente du comité scientifique…

Source: Europe 1

Seulement 58 candidats sur 4000 vaccins: le centre de vaccination de Nice doit fermer faute de patients

 

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