Le parti tunisien islamiste Ennahdha rassemble ses partisans à l’assaut du gouvernement

Ennahdha Photo: DR
Ennahdha Photo: DR

Le parti islamiste Ennahdha, qui demeure le plus grand parti politique tunisien, a rallié des dizaines de milliers de partisans dans la capitale, ce qui a aggravé un conflit au sein du gouvernement.

La manifestation de samedi a été la plus importante en Tunisie depuis des années, et les partisans du parti, venus en bus de tout le pays, ont scandé “le peuple veut protéger les institutions” et “le peuple veut l’unité nationale” alors qu’ils défilaient dans le centre de Tunis.

Le parti, Ennahdha, dirigé par le président du Parlement Rached Ghannouchi, a soutenu le Premier ministre Hichem Mechichi dans son affrontement avec le président Kais Saied à propos d’un remaniement ministériel.

Le différend a mis en évidence des mois de querelles entre les trois hommes dans la dernière crise politique de la Tunisie. En effet, les élections de 2019 ont donné lieu à un Parlement balkanisé tout en propulsant Saied, un indépendant, à la présidence.

Kais Saied a nommé Hichem Mechichi au poste de Premier ministre l’année dernière lorsque le gouvernement s’est effondré après seulement cinq mois de mandat, mais les deux hommes se sont rapidement brouillés.

Hichem Mechichi s’est alors tourné vers les deux plus grands partis du Parlement: Ennahdha et Au cœur de la Tunisie ou Qalb Tounes, anciennement Parti tunisien pour la paix sociale, du magnat des médias Nabil Karoui, emprisonné.

Le mois dernier, Hichem Mechichi a changé 11 ministres dans un remaniement considéré comme le remplacement des alliés de Kais Saied par ceux d’Ennahdha et d’Au cœur de la Tunisie.

Le Président a cependant refusé de faire prêter serment à quatre d’entre eux, affirmant qu’ils étaient en conflit d’intérêts.

Pendant ce temps, lors des manifestations du mois dernier à propos des inégalités et des abus de la police, les manifestants ont concentré l’essentiel de leur colère contre Hichem Mechichi et Ennahdha.

Le parti islamiste Ennahdha a qualifié la marche de samedi de “soutien à la démocratie“, mais elle a été largement perçue comme un effort pour mobiliser le soutien populaire contre le président Kais Saied, ce qui a fait naître le spectre de mouvements de protestation concurrents qui pourraient conduire à la polarisation ou à la violence.

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Source: AP

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