Pour lutter contre les ravages du confinement, le Japon crée un ministère de la Solitude

Image d'illustration / Photo: DR
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Le Japon vient de créer un ministère de la Solitude afin de lutter contre son taux de suicide qui explose à cause des restrictions sanitaires, exactement comme dans les pays occidentaux, y compris la France.

Le Premier ministre japonais Yoshihide Suga a nommé à ce poste Tetsushi Sakamoto, un membre du cabinet chargé déjà de mission de faire remonter le taux de natalité du pays en dépression.

Yoshihide Suga a remarqué au début du mois que les femmes japonaises, en particulier, font face à la dépression depuis le début de la pandémie de coronavirus il y a environ un an, avec près de 880 suicides féminins, soit une augmentation de 70% par rapport à l’année précédente.

Les femmes en particulier se sentent plus isolées et font face à des taux de suicide en hausse“, a déclaré le Premier ministre lors d’une réunion annonçant la création du nouveau ministère au début du mois.

J’aimerais que vous examiniez la question et que vous proposiez une stratégie globale“, a déclaré le Premier ministre à son nouveau ministre de la Solitude.

Tetsushi Sakamotoa ensuite déclaré aux journalistes: “J’espère promouvoir des activités qui préviennent la solitude et l’isolement social et protègent le lien social entre les gens“.

Comme n’importe quel instance bureaucratique, le nouveau ministère va brasser de l’air: il devait commencer à essayer de mieux coordonner les agences gouvernementales et mettre en place un forum d’urgence pour discuter des problèmes.

L’expert japonais en suicide, Michiko Ueda, a déclaré à la BBC qu’une partie du problème vient de de la dislocations des valeurs traditionnelles: un nombre croissant de femmes célibataires dans le pays qui n’ont pas d’emploi stable.

Beaucoup de femmes ne sont plus mariées“, a-t-elle déclaré. “Elles doivent subvenir à leurs propres besoins et n’ont pas d’emploi permanent. Alors quand quelque chose se passe [comme la pandémie], bien sûr, elles sont très, très durement touchées“.

De plus en plus de Japonais, des “milllenials” en général, vivent seuls, faisant de l’environnement de travail leur principale source de socialisation.

Avant la pandémie, la journée typique de ceux qui vivent seuls dans les villes urbaines aurait ressemblé à cela: ils travaillent du matin au soir, prennent quelques verres après le travail ou dînent avec des amis, puis rentrent chez eux“, a déclaré Manjo Shimahara, responsable d’un groupe de réflexion sur les questions sociales, au Japan Times.

Le seul endroit où ils font leurs courses est peut-être un magasin de proximité, où ils ne parlent à personne. Pour eux, la maison était simplement l’endroit où ils revenaient du travail pour dormir.”

La pandémie de coronavirus, je pense, a fait comprendre à de nombreux célibataires qu’ils ne connaissent personne dans leur quartier ou qu’ils n’ont aucun bar local qu’ils peuvent appeler leur terrain de jeu“, a déclaré Shimahara.

Le Japon n’est pas le premier pays à avoir recours aux solution étatiques pour prévenir la rupture du lien social. Le Royaume-Uni a nommé un ministre de la Solitude en 2018, bien avant le confinement.

Source: BBC/ Japan Times

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