Une fuite montre les pressions de Bruxelles sur l’Agence des médicaments pour approuver le vaccin

Agence européenne des médicaments / Photo: DR
Agence européenne des médicaments / Photo: DR

Les courriels le montrent: la Commission européenne a fait pression sur l’Agence européenne des médicaments (AEM) pour qu’elle approuve rapidement les vaccins. Les documents ont été piratés en décembre et partagés sur le darkweb.

L’Agence européenne des médicaments (AEM) est censée évaluer les médicaments et leurs effets secondaires potentiels, indépendamment de questions politiques, et approuver leur lancement.

Mais les documents qui ont fuité montrent l’énorme pression politique que l’agence a dû subir de la part des eurocrates pour approuver rapidement des vaccins anti-Covid-19.

Un haut responsable parle d’un “pire scénario” si l’AEM est à la traîne par rapport au Royaume-Uni et aux États-Unis: “Nous serons submergés sur tous les fronts et au milieu d’une tempête“. Plus évidemment une question de prestige par rapport à Trump et Brexit.

Un haut cadre de l’AEM a fait état d’une conversation téléphonique “tendue” et “inconfortable” avec un commissaire européen le 19 novembre, un mois avant l’approbation du premier vaccin.

L’eurocrate de Bruxelles a clairement menacé l’AEM si elle ne parvient pas à répondre aux attentes en matière d’approbation accélérée des vaccins, qu’elle soit “réaliste ou non”. En clair, on a demandé d’approuver le vaccin sans savoir ce qu’il valait exactement, au détriment de la sécurité pour les patients.

Ce qui semble clair dans la conversation avec le commissaire: si les États-Unis et le Royaume-Uni approuvent le vaccin, l’AEM ne peut pas avoir plusieurs semaines de retard. Un tel retard ne serait “pas facile à accepter” pour la Commission, car les “retombées politiques” seraient trop importantes, a écrit le fonctionnaire, selon le courriel du 19 novembre.

Dans une autre conversation, la commissaire a averti qu’il ne fallait pas en arriver au point où les États membres seraient “forcés” d’introduire des vaccins en se passant de l’avis de l’EMA. En vertu d’une directive européenne, les États membres peuvent utiliser temporairement des médicaments non autorisés en cas d’épidémie.

Selon les courriels, la Commission use de la pression et dépasse ses compétences: elle ne se fie plus à l’évaluation de son autorité compétente (AEM), mais lui fixe des objectifs politiques sans aucun rapport avec la santé des citoyens.

Nous devons être prêts pour le pire scénario“, écrit le fonctionnaire de l’AEM . C’est apparemment ce qui arrivera si l’AEM ne procède pas à une évaluation relativement en même temps que les autorités américaines et britanniques. “Nous serons débordés sur tous les fronts et au milieu d’une tempête. Sur qui pouvons-nous compter alors?”

Le 19 novembre, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a annoncé que les vaccins BioNTech/Pfizer et Moderna pourraient être approuvés d’ici la fin de l’année – “si tout se passe bien“.

Le fonctionnaire de l’AEM avertit le personnel de la Commission, selon un courriel du 22 novembre: “Nous accélérons tout autant que possible, mais nous devons aussi nous assurer que notre examen scientifique est aussi solide que possible.”

Interrogé, un porte-parole de la Commission a déclaré: “La Commission n’a jamais exercé de pression politique sur l’AEM“. Bonne blague.

Le vaccin de BioNTech et Pfizer a été le premier à recevoir une approbation d’urgence aux États-Unis le 11 décembre, suivi peu après par une approbation conditionnelle de l’UE le 21 décembre. Le vaccin Moderna a suivi le 18 décembre aux États-Unis et le 6 janvier 2021 dans l’UE.

Rien ne prouve que les normes scientifiques ont pas été sacrifiés par l’AEM au profit de la rapidité réclamée par les bureaucrates de Bruxelles.

La ligne de défense de l’Agence européenne du médicament est audacieuse. “Certains de ces courriers ont été manipulés par les pirates avant leur publication d’une manière susceptible de miner la confiance dans les vaccins”, selon l’agence.

L’organisation de l’AEM est inspirée par celle de l’agence équivalente des États-Unis: la Food and Drug Administration (FDA). Elle évalue, coordonne et supervise le développement des nouveaux médicaments à usage humain et vétérinaire dans l’Union européenne.

Son budget a explosé en dépassant 330 millions d’euros. Le Moloch bureaucratique est dirigée par un directeur exécutif et d’un conseil de 36 membres, dotée d’un secrétariat d’environ 440 personnes pour 818 employés en tout.

L’AEM comprend sept comités scientifiques, mais aussi d’un certain nombre de “groupes de travail’ et de “groupes connexes”, grassement payés.

Quant aux liens entre l’Agence et le monde politique, pas besoin de fuites et de hackers. La patronne de l’AEM Emmer Cooke, a auparavant été à la direction générale des entreprises à la… Commission européenne à Bruxelles.

Source: Business Insider/ Rapport annuel AEM

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici