La Turquie met la Big Tech au pas! Facebook obligé de se plier à la loi pour ne pas être interdit

Image d'illustration / Photo: Flickr
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Facebook a annoncé lundi qu’il avait entamé le processus de constitution d’une entité juridique en Turquie pour se conformer à la nouvelle loi régissant les entreprises de réseaux sociaux.

La loi, adoptée en juillet, exige que les entreprises de réseaux sociaux comme Facebook et Twitter aient des représentants en Turquie pour traiter les plaintes concernant le contenu de leurs plateformes.

Dans la plupart des pays, les réseaux sociaux sont des structures anonymes, cachées derrières des interfaces d’internet, sans bureau, sans personnel, sans aucun rédacteur responsable. On ne peut pas se plaindre à une personne compétente du contenu publié, ni d’avoir été censuré. Toutes les victimes de l’arbitraire facebookien le savent.

En Turquie, c’est différent: les géant des réseaux sociaux qui refusent de désigner un représentant officiel sont passibles d’amendes, d’interdiction de publicité et de réductions de la bande passante qui rendraient leurs réseaux trop lents à utiliser.

Facebook ne fait donc pas le malin. La Turquie, ce n’est pas l’Union européenne ni la France macroniste. Elle est tout à fait prête à mettre ses menaces à exécution et ne baisse pas le froc devant la Silicone Valley.

Cette décision ne modifie pas les standards communautaires de Facebook, ni le processus global d’examen des demandes des gouvernements, et nous retirerons le représentant si nous subissons des pressions sur l’un ou l’autre point“, a déclaré Facebook dans sa déclaration.

Selon la loi, le représentant local des entreprises de réseaux sociaux serait chargé de répondre aux demandes individuelles de retrait de contenus violant la vie privée et les droits de la personne dans les 48 heures, ou de fournir des motifs de rejet. L’entreprise serait tenue responsable des dommages si le contenu n’est pas retiré ou bloqué dans les 24 heures.

La loi exige également que les données des réseaux sociaux soient stockées en Turquie, ce qui suscite des inquiétudes dans un pays où le gouvernement a l’habitude de réprimer la liberté d’expression.

Facebook n’est pas le seul à se plier à la loi: LinkedIn, YouTube, TikTok, Dailymotion et le site russe VKontakte vont aussi créer des entités juridiques en Turquie.

Si cette législation signifie en partie une certaine mainmise du régime islamiste d’Erdogan sur le domaine de la liberté d’expression sur le net, elle limite aussi les velléités de censure de la part des réseaux sociaux.

La semaine dernière, la commission antitrust turque a lancé une enquête contre l’application de messagerie WhatsApp et sa société mère, Facebook Inc., pour ses nouvelles conditions d’utilisation.

Les nouvelles conditions imposées par la société ont suscité des inquiétudes quant à la protection de la vie privée et ont incité les utilisateurs turcs à passer à d’autres applications de messagerie. Le même phénomène a pu être observé partout dans le monde.

Source: AP

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