Le dirigeant de l’ONG islamiste Baraka City relaxé après avoir harcelé Zineb El Rhazoui

Driss Yemmou président de l'ONG islamiste Baraka City, et Zineb El Rhazoui/Youtube
Driss Yemmou président de l'ONG islamiste Baraka City, et Zineb El Rhazoui/Youtube

Poursuivi pour un cyberharcèlement ciblant l’ancienne journaliste de Charlie Hebdo Zineb El-Razhoui, Driss Yemmou, le dirigeant de l’ONG islamiste Baraka City, récemment dissoute par le gouvernement, a été relaxé par le tribunal correctionnel de Paris alors que pourtant ce dernier a confirmé le harcèlement.

Pourtant, Driss Yemmou, caché sous le pseudonyme de Idriss Sihamedi, avait écrit pas moins de 80 tweets agressifs contre Zineb El Rhazoui, divulguant entre autres des éléments sur sa vie privée ou les activités de son mari, souvent accompagnés du hashtag “#BalanceZinebElRhazoui“.

Le leader islamiste avait été imité par des milliers d’utilisateurs de Twitter, dans des messages insultants voire menaçants, un internaute avait même dévoilé l’adresse personnelle de la journaliste, qui vit sous protection policière depuis les attentats de janvier 2015.

Ce vendredi, la chambre 10-2 du tribunal correctionnel a considéré que “l’ensemble de ces messages étaient effectivement constitutifs” de harcèlement. “Toutefois, le tribunal observe qu’il n’a été apporté aucune preuve de la détérioration effective des conditions de vie de Zineb El Rhazoui, comme le requiert le texte de loi”, a estimé le président.

Balancer l’adresse de cette journaliste menacée par les islamistes ne détériore pas ses conditions de vie? Aurait-il fallu attendre les conditions de sa mort pour saisir l’évidence du danger que ce harcèlement suscite? En octobre dernier, Samuel Paty s’est fait décapiter à la suite d’une campagne djihadiste 2.0 similaire.

Driss Yemmou fera l’objet d’une prochaine audience judiciaire, le 3 mars prochain, devant la 17ème chambre du tribunal judiciaire de Paris, pour des faits d’injure publique, également envers Zineb El-Razhoui, qu’il avait traitée d’“arabe de service”, des faits pour lesquels il encourt 3 ans de prison avec sursis, et 10 000€ d’amende.

Il est également poursuivi à nouveau pour cyberharcèlement, cette fois envers la chroniqueuse Zohra Bitan. Dans ce dossier, l’audience est fixée au 12 février prochain au tribunal d’Évry.

Source: AFP

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