Comment Lidl est devenue la nouvelle idole des jeunes

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Low cost + hype = win!

Soudain, tout le petit monde de la mode racaille veut une paire de baskets Lidl. Pourtant, elles sont horribles, et la marque est réputée pour la médiocre qualité de ses produits. Que s’est-il passé?

La recette est simple: un prix très bas, une pénurie organisée, une remarquable opération de relations publiques, et la participation du rappeur Booba.

Début juillet, 2000 paires de ces baskets hyper-colorées à moins de 15 euros s’écoulaient en quelques heures sur la boutique en ligne de l’enseigne hard-discount. Quelques jours plus tard, certaines étaient proposées à la revente sur Internet pour des centaines d’euros. Un étrange miracle marketing, qui faisait passer des chaussures très bas de gamme dans la catégorie des produits de luxe en un temps record.

Un miracle qui s’explique, entre autres raisons, par le fait que le rappeur Booba et l’ex-footbaleur Djibril Cissé, deux stars des banlieues, en ont commandé et l’ont fait savoir sur Instagram.

Fin décembre, Lidl refait le coup et alerte une centaine d’influenceurs, qui partagent l’information. Et, cette fois, c’est l’hystérie, comme en témoigne cette vidéo postée sur Twitter. Quelques dizaines de milliers sont mises en vente, mais pas plus: il faut conserver la rareté qui attire les consommateurs et génère la frénésie du buzz.

Un phénomène qui scandalise Célia Sadai, intellectuelle antiraciste: “J’ai l’impression que les pauvres sont à la mode. Il y a une appropriation des codes et du patrimoine culturel des pauvres par les riches, sans une compréhension totale du vécu et de l’héritage associés à ces codes culturels.” 

En clair: salauds de riches, qui achètent des chaussures de pauvres! Le gauchisme est roi pour inventer des raisonnements grotesques. Célia Sadai oublie que cette appropriation de la classe “ennemie” marche aussi dans l’autre sens: les rappeurs sont obsédés par les objets pour riches signés Vuitton, Hugo Boss, Mercedes, etc.

En réalité, ce que nous apprend le phénomène des baskets Lidl, c’est que le commerce est inventif et refuse de se cantonner à ses propres traditions: il aime surprendre et créer des modes qui horrifient les bobos… dont les enfants rêvent d’avoir les mêmes chaussures que Booba.

Tout le mode imite tout le monde: c’est la règle de la mode. Et si certains préfèrent les sosies de Claude François au vrai Cloclo, ce n’est pas bien grave. Du moment qu’ils s’amusent le plus cordialement du monde, pourquoi pas?

Source: Le Parisien

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