Des bébés morts à cause du confinement et des restrictions sanitaires: la mortalité infantile explose

Image d'illustration/Fotolia
Image d'illustration/Fotolia

La mortalité infantile — c’est-à-dire la perte d’un bébé avant ou pendant l’accouchement, après 24 semaines de grossesse — a augmenté dans le monde entier pendant la pandémie du Coronavirus.

À Londres, les naissances de mort-nés ont presque quadruplé pendant le confinement. Le taux moyen de mortalité infantile est d’habitude de 3,8 pour mille. Or, l’hôpital St George, qui a généralement un taux de près de la moitié de ce chiffre, est passé de 2,38 à 9,31 pour mille, puis, en juillet, à 14,2 pour mille.

C’est six fois plus de bébés morts-nés que la normale. Des données similaires ont été rapportées dans d’autres hôpitaux britanniques.

Et il s’agit d’un phénomène mondial. En Italie, la mortalité infantile avait triplé au printemps. Une vaste étude au Népal a révélé que le taux de mortalité infantile était passé de 14 pour mille à 21. La même tendance a été signalée dans le monde entier, de l’Inde à l’Iran, du Pakistan au Pérou, et du Bangladesh au Brésil.

Au départ, certains médecins pensaient naïvement que l’augmentation du nombre de mort-nés était causée par des infections par le Coronavirus. Mais ce n’est pas le cas. À l’hôpital Saint George, par exemple, aucune des mamans ayant perdu son bébé n’a été testée positive.

Les médecins ont déclaré par la suite qu’il n’y avait aucune preuve que le Coronavirus augmente les chances de mortinatalité. Les experts ont donc cherché d’autres causes.

Dès les premiers jours de la pandémie, les hôpitaux ont été quasi-monopolisés par les patients atteints du Coronavirus. Les femmes enceintes ont donc logiquement pensé qu’elles ne devaient pas, ou ne pouvaient pas, venir à leurs rendez-vous de soins prénataux.

Les consultations à distance et le manque de clarté des gouvernements quant à savoir si, dans les soins prénataux, il fallait considérer les visites avec examens comme essentielles, ont semé la confusion. Tout cela combiné à la nervosité face au virus lui-même,  a fait que beaucoup ont hésité.

Au Royaume-Uni, 89% des rendez-vous prénataux se sont faits à distance. En Inde, les hospitalisations ont diminué de moitié et, au Népal, les naissances dans les hôpitaux ont également diminué de 50% au profit de celles qui ont eu lieu au domicile.

Dans de nombreux pays, des obstacles supplémentaires ont empêché les femmes de se faire soigner. En Inde, au Népal ou en Ouganda, de nombreux patients utilisent normalement les transports publics pour se rendre aux contrôles prénataux mais, pendant le confinement, tous les transports publics se sont arrêtés, ce qui signifie que de nombreuses femmes ont été dans l’impossibilité de se rendre à leurs rendez-vous.

En Iran et au Pérou, des hôpitaux ont été tellement débordés que les maternités ont été fermées, jugées non essentielles.

Pour compliquer les choses, certaines femmes et certains professionnels de la santé confondent les symptômes du Coronavirus et les complications de la grossesse. Par conséquent, si une femme décide de s’isoler sur la base de cette méprise, cela peut représenter un risque inutile pour le bébé.

En plus, le stress — généré par les gouvernements et les médias — peut être préjudiciable pour la grossesse.

Source: Al-Jazeera

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici