Tué par la police pour son non-respect du couvre-feu: trois jours d’émeutes contre la dictature sanitaire

Les émeutes à Tirana / Photo: Twitter
Les émeutes à Tirana / Photo: Twitter

Des affrontements de rue entre les manifestants et la police ont éclaté dans la capitale albanaise vendredi, troisième jour de violentes protestations à propos d’un homme tué par balle par la police qui appliquait un couvre-feu anti-Covid.

Défiant l’interdiction des rassemblements publics, des centaines de personnes se sont rassemblées devant le siège du gouvernement à Tirana et ont lancé des pierres, des mortiers et des pétards sur les policiers qui gardaient le site. Les policiers ont répliqué avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau.

Plusieurs voitures de police ont été détruites lors de l’émeute et l’arbre de Noël devant le complexe du gouvernement.

Un groupe de manifestants a tenté de prendre d’assaut le bâtiment du ministère de l’Intérieur et le bureau du Premier ministre, Edi Rama.

Mercredi, les manifestants portaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire “à bas la dictature”, “Je suis Klodian” et “justice pour Klodian”, et ont demandé la démission du ministre de l’Intérieur, Sander Lleshaj.

Ces manifestations, qui ravivent des tensions politiques entre le gouvernement socialiste et le principal parti d’opposition, font suite à la mort de Klodian Rasha à Tirana pendant les heures de couvre-feu mardi matin. La police affirme qu’il a ignoré les appels des officiers à s’arrêter et s’est enfui pour échapper au contrôle.

Plus tôt vendredi, un tribunal de Tirana a décidé de prolonger la garde à vue du policier auteur des coups de feu fatals pendant l’enquête pour “homicide dépassant les limites de l’autodéfense nécessaire“.

Le Premier ministre, Edi Rama, s’est excusé pour ce qu’il a appelé un usage d’arme “inexplicable et complètement déraisonnable“, tandis que le ministre de l’Intérieur a démissionné jeudi.

Mais cela n’a pas permis de calmer les protestations, qui se sont étendues vendredi à au moins trois autres villes.

Et le principal parti d’opposition de centre-droit, le Parti démocratique, a exigé la démission d’Edi Rama.

Le Premier ministre a riposté vendredi, accusant le Parti démocratique et le président Ilir Meta, issu de l’opposition, d’avoir incité aux violentes protestations.

L’Albanie doit tenir des élections législatives en avril 2021.

Au cours des deux premiers jours de violence, la police a arrêté 62 personnes, et 116 au total ont été accusées d’avoir organisé une manifestation illégale pendant la pandémie, ainsi que d’incendie criminel et d’atteinte à l’ordre public.

Selon les autorités, 21 policiers et quatre manifestants ont été blessés.

La police a déclaré qu’elle ne devait pas être tenue pour responsable de la fusillade.

Personne ne devrait comparer la police à un individu qui a commis un acte puni par la loi“, selon une déclaration de la police vendredi.

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