Comment les députés macronistes refusent de lutter contre la fraude sociale

Image d'illustration / Photo: Capture d'écran YouTube
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Le vote a été si discret que la nouvelle ne commence à émerger que deux semaines plus tard: fin novembre, la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a rejeté une proposition de loi visant à instituer une carte Vitale biométrique, portée par le député LR du Bas-Rhin, Patrick Hetzel.

L’estimation du nombre de “cartes vitales” frauduleuses actuellement en circulation est difficile: a minima 153 000, 600 000 selon certaines sources et, selon d’autres le chiffre pourrait monter jusqu’à… 2,6 millions, voire encore plus.

En tout cas, chacune d’elles permet à une ou plusieurs personnes de bénéficier de soins médicaux indus et aggrave le déficit de la Sécurité Sociale obligatoire.

Ces cartes bidon pourraient représenter une fraude à la Sécu de plus de cinq milliards d’euros par an! Après de nombreux rapports parlementaires sur le sujet, des sénateurs ont donc déposé une proposition de loi visant à mettre en place pour tous les Français une carte vitale biométrique.

Cette carte “à laquelle serait intégrée l’image numérisée des empreintes digitales du titulaire” permettrait entre autres d’empêcher “l’utilisation de cartes Vitale par plusieurs personnes ou des personnes qui n’en sont pas les titulaires”, grâce à l’authentification de chaque patient par ses empreintes.

Mais les députés macronistes ne l’entendent pas de cette oreille: alors que les divers rapports proposent cette carte Vitale biométrique comme une évidence pour la France, la proposition de loi sénatoriale a été rejetée le 3 décembre dernier par la majorité parlementaire En Marche.

Les raisons invoquées par les députés LREM ne tiennent pas la route: l’expérimentation en cours de la “e-carte Vitale”, le surcoût qu’entraînerait cette mesure, l’encadrement “insuffisant” de l’utilisation des données prévu par le texte, et l’adoption de la biométrie dans le cadre du recensement des retraites.

En réalité, la “e-carte” en cours de test dans le Rhône et les Alpes-Maritimes n’est pas biométrique, le surcoût estimé autour de 120 millions serait “rentabilisé” en quelques semaines par les nombreuses fraudes évitées, et comment osent-ils dire que la carte vitale biométrique porterait atteinte à la liberté… des fraudeurs, en ne protégeant plus leur anonymat?

Le rejet de cette proposition de loi par la Macronie est donc aussi incompréhensible que contre-productif. Et si vous voulez en savoir plus sur la fraude sociale, tournez-vous vers le magistrat spécialisé dans la lutte contre les fraudes, Charles Prats. Dans son livre Cartel des Fraudes, il l’estime au total à plus de 50 milliards d’euros.

Sources : Le Figaro, Boulevard Voltaire

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