Terrible: pourquoi les Français sont totalement nuls en économie

Bruno Le Maire/DR
Bruno Le Maire/DR

Si l’économie française s’effondre à toute vitesse, cela est dû à tout un faisceau de raisons: le confinement, le socialisme macronien, le poids délirant de l’État, la moutonnerie des médias mainstream, les taxes, les impôts, les lois et règlements .. Mais il y a une autre raison, qui fait mal: notre incroyable inculture économique. Un phénomène national, et qui s’étend à toute la francophonie.

Faites le test. Allez dans une librairie en France. Demandez à voir le rayon “économie”. Regardez le choix qui vous est proposé. Vous serez stupéfait par le peu de livres disponibles, et surtout par le fait que 95% d’entre eux sont de gauche, voire d’extrême gauche. Quant aux auteurs de droite, conservateurs ou libéraux, vous aurez une chance incroyable si vous en trouvez ne serait-ce qu’un seul!

Stéphane Benoît-Godet, journaliste au grand quotidien suisse Le Temps, décrit et explique cette étrange situation.
“Toutes les idées ne sont pas bonnes à diffuser. Surtout quand elles ont trait à l’économie. La plupart des essais dans le domaine, publiés en anglais, ne sont en effet que très tardivement, si ce n’est jamais, traduits en français. Alors que les États-Unis, et le monde anglo-saxon en général, restent une formidable machine à réfléchir sur le marché, l’innovation, la stratégie des entreprises, la finance ou encore le management, nous n’en percevons ici que de très lointains échos.”

Très juste! À moins d’être extrêmement bien renseigné, et parfaitement anglophone, il est quasiment impossible de se cultiver, en France, en Belgique, et même en Suisse, sur les nouvelles découvertes des économistes anglo-saxons, souvent les meilleurs au monde.

“Quand des prescripteurs comme Bill Gates et Mark Zuckerberg exposent en fin d’année, comme ils en ont pris l’habitude, ce qu’ils ont lu d’important les mois écoulés, les lecteurs francophones doivent s’en tenir à un triste constat: la plupart des ouvrages retenus ne sont pas disponibles en français. La langue qui se veut être celle des intellectuels (au moins à Paris) ne couvre plus tout un champ de la pensée et de la recherche en sciences humaine”, précise Stéphane Benoît-Godet.

Mais alors, on trouve quoi, en librairie, en France, sur les sujets économiques? Des livres anticapitalistes, des livres socialistes, des livres marxistes, des livres trotskistes, des livres écologistes radicaux, et c’est tout.

“Que les éditeurs francophones ne publient que des auteurs radicaux, anti-système ou très prisés par la gauche dans l’Hexagone ne doit pas nous écarter de l’essentiel: ceux qui réfléchissent à l’économie et influencent les affaires et les politiques publiques doivent être lus en anglais. Signe que notre culture a du mal à s’insérer dans le débat global, ces essayistes se voient par ailleurs traduits beaucoup plus vite en espagnol, en allemand ou en chinois. Ce qui témoigne d’une allergie très francophone à tout ce qui concerne l’économie et le marché, sans même parler du libéralisme.”

Le constat est clair et tragique: la planète entière s’y connaît mieux que nous en économie, parce qu’elle a les bonnes lectures, et que nous n’en avons que de mauvaises.

Stéphane Benoît-Godet conclut: “Le jeune François Mitterrand, qui confiait à son frère donner plus de valeur à la poésie qu’à une découverte médicale, résume bien le mal francophone. Ce romantisme qui fait d’emblée préférer la fiction aux essais, le beau verbe au beau geste, le grand soir plutôt qu’aux idées nouvelles laisse peu de place à la réflexion apaisée. Et condamne les francophones à rester en marge du débat global.”

Voilà qui doit nous faire réfléchir sur le fait que les éditeurs français se soumettent volontairement, frénétiquement, au politiquement correct. Car cela se paye cash: par le déclin et la misère.

Source: Le Temps

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