Aya Nakamura “ambassadrice de la langue française”? C’est signé LREM!

Rémy Rebeyrotte/Photo: Wikipedia

Lors d’un débat à l’Assemblée en préparation d’une ahurissante loi destinée à lutter contre la “glottophobie”, le député LREM Rémy Rebeyrotte, ancien professeur d’économie à l’université, a fait l’éloge de la “chanteuse” “française” la plus écoutée au monde: Aya Nakamura. Un choix aussi odieusement démagogique qu’injustifiable.

“Aya Nakamura” est le pseudonyme d’Aya Danioko, née en 1995 à Bamako, capitale du Mali, et immigrée en France dans son enfance. Depuis ses débuts comme “chanteuse” en 2014, ses clips ont accumulé des dizaines de millions de visionnage sur Youtube, faisant d’elle, paraît-il, “la chanteuse française la plus écoutée dans le monde“.

Petite mise à jour à l’attention de celles-et-ceux qui auraient eu la chance inestimable de ne jamais l’entendre: les œuvres de cette artiste ont deux principales caractéristiques.

D’une part, sa voix y est systématiquement déformée, trafiquée, robotisée par un procédé électronique qui fait des ravages dans les productions du show-business moribond de l’époque: le logiciel “autotune“, créé à l’origine pour corriger subtilement les défauts de justesse de certaines voix, mais détourné pour générer ces timbres artificiels, désincarnés, méconnaissables et tous identiques qui enlaidissent une bonne moitié des  productions actuelles.

D’autre part, la pseudo-Nakamura est connue pour sa propension à parsemer ses textes d’expressions incompréhensibles, soit inventées par elle-même, soit reprises des dernières bassesses de l’argot des zones de non-droit, cette sous-langue des racailles et de leurs admirateurs, ou plus simplement de dialectes africains.

Au point que le site Le Gorafi, connu pour ses hilarantes parodies du “style” des journalistes contemporains, avait même publié un article intitulé  “Aya Nakamura victime d’un AVC en essayant d’écrire une phrase qui a du sens“, qui avait connu un grand succès.

Djo” pour “petit ami“, “djadja” pour “mythomane” (ou “mec“, comment savoir?), “pookie” pour “rapporteur” ou “balance“, “tchop” pour “voiture“, voilà un échantillon des remarquables enrichissements apportés par cette artiste à la langue française…

C’est en tout cas ce que soutient Rémy Rebeyrotte: “Quand je vois des jeunes comme Aya Nakamura qui aujourd’hui par sa chanson est en train de réinventer un certain nombre d’expressions françaises, ça me paraît absolument remarquable”.

“Elle est en train de porter au niveau international de nouvelles expressions et évolutions de la langue. Et ça, ce sont des choses extrêmement fortes”, ose même proclamer le député macroniste.

Au milieu d’un débat sur la loi pénalisant la prétendue “glottophobie“, qui permettra de vous poursuivre si l’accent ou la diction de quelqu’un vous amuse et qui semble faite sur mesure pour qu’on ne puisse se moquer ni de ceux de Jean Castex, ni de ce que baragouinent les immigrants non-francophones, la déclaration a de quoi sidérer.

Mais il faut bien se rendre compte que le public de la pseudo-Aya Nakamura semble envoûté par cet univers langagier désolant, et que la Macronie rêve de capter ce type d’électorat pour se maintenir au pouvoir en 2022, tandis que de plus en plus de Français aspirent à se débarrasser de ce ramassis d’imposteurs démagogues.

Source: Le Figaro

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