Trop chers à nourrir: les Kurdes relâchent du camp d’al-Hol des centaines de Syriens liés à l’Etat islamique

Le camp d'al-Hol / Photo: Twitter
Le camp d'al-Hol / Photo: Twitter

Les autorités kurdes ont libéré lundi des dizaines de familles syriennes de l’un des plus grands camps du nord-est de la Syrie, où étaient détenues des dizaines de milliers de femmes et d’enfants, dont beaucoup liés à l’État islamique.

La libération de 120 familles intervient un mois après que de hauts responsables kurdes ont autorisé les 25 000 ressortissants syriens du gigantesque camp d’al-Hol à partir dans le cadre d’une amnistie générale.

La libération, annoncée par le Conseil démocratique syrien dirigé par les Kurdes, est sur la base du volontariat: personne n’est mis à la porte. Contrairement aux précédentes libérations, elle ne nécessite pas d’accords de parrainage avec les tribus arabes locales auxquelles appartiennent les détenus. Seuls des papiers d’identité sont nécessaires.

Le camp abrite également environ 30 000 Irakiens, pour la plupart des enfants, et 10 000 autres ressortissants étrangers.

La population du camp s’est accrue après que les forces dirigées par les Kurdes ont transporté des familles de combattants et de partisans de l’État islamique restés terrés dans les derniers bastions du califat en Syrie. La campagne militaire s’est terminée en mars 2019, avec le transfert de milliers de personnes dans le camp, dont de nombreux étrangers.

Les personnes libérées lundi sont originaires de la province de Deir el-Zor, une province à majorité arabe opposée au pouvoir kurde. Le Centre d’information Rojava, un groupe de médias qui couvre les territoires administrés par les Kurdes, a déclaré que 17 000 des 25 000 Syriens du camp sont des enfants.

La gestion du camp est devenue un fardeau financier et sécuritaire pour l’administration kurde. Les ressortissants étrangers seraient renvoyés dans leur pays d’origine dans le cadre d’accords séparés.

L’administration kurde a demandé aux pays occidentaux de reprendre leurs ressortissants, mais très peu ont été rapatriés, surtout des enfants, parfois avec leur mère.

Aucun Syrien ne sera forcé de quitter le camp, en particulier ceux qui ont des inquiétudes quant à la sécurité de leur retour dans leur ville d’origine. Certaines parties de Deir el-Zor sont contrôlées par les troupes du gouvernement syrien, tandis que les militants de l’État islamique continuent de fonctionner sous forme de cellules dormantes dans les déserts de Syrie et d’Irak.

Les prisons gérées par les Kurdes abritent également des milliers de djihadistes de l’État islamique, dont quelque 2000 étrangers, y compris des Français. Certains ont été libérés ces dernières semaines dans le cadre d’une amnistie.

Source: AP

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