Inculpé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, le président kosovar Hashim Thaçi démissionne

Hashim Thaçi et Emmanuel Macron / Photo: DR
Hashim Thaçi et Emmanuel Macron / Photo: DR

Le président kosovar Hashim Thaçi a annoncé jeudi sa démission avec effet immédiat après la confirmation de son inculpation par le tribunal spécial chargé des crimes de guerre commis au Kosovo.

Il doit répondre de crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés pendant l’insurrection de 1998-2000 menée par l’Armée de libération du Kosovo (UCK), dont il fut l’un des dirigeants.

En juin dernier, le Bureau du procureur spécial sur le Kosovo, qui siège à La Haye, l’a inculpé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité entre 1998 et 2000, dont une centaine de meurtres.

Ancien chef de la guérilla kosovare, Hashim Thaçi, le Premier ministre du Kosovo jusqu’en 2014, puis élu président en 2016, a été l’un des chefs de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) pendant l’insurrection de 1998-2000, soutenue par les Occidentaux, mais aussi par l’islam radical, contre les forces de Belgrade dans cette province serbe.

Selon un rapport de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, Hashim Thaçi était à la tête du groupe criminel de Drenica, suspecté notamment de trafic d’organes prélevés sur des prisonniers, principalement serbes, entre 1998 et 2000.

On le soupçonne d’avoir ordonné, en 1997-1998, un certain nombre d’assassinats contre ses rivaux en conjonction avec les services secrets albanais, dont des hommes politiques et des journalistes.

Avant accéder au pouvoir, dans sa phase “guérillero”, Hashim Thaçi a été accusé d’avoir financé les activités de l’UCK en participant à un trafic d’héroïne et de cocaïne à destination de l’Europe de l’Ouest.

Tout au long de sa carrière de guérillero et d’homme politique, Hashim Thaçi a joui d’une protection de la diplomatie française. Arrêté à l’aéroport de Budapest, en juin 2003, sur la base d’un mandat d’arrêt international, il est libéré après une intervention du ministère des Affaires étrangères français.

Lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner avait traité d’”imbéciles” et de “criminels” les journalistes qui révélaient les crimes de Thaçi. Maintenant, son chouchou tombe.

Sources : Reuters/ Wikipedia

2 Commentaires

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici