Autorités administratives indépendantes, quésaco? Les salaires de leurs présidents vous coûtent cher

Image d'illustration / Photo: Pixabay
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La zone grise, à cheval entre le public et le privé, pullule d’organismes parfois mystérieux dont l’administration française a le secret. Certains sont connus, tels la CNIL ou le CSA, d’autres complètement obscures. Vous connaissez l’ASN, la CRE ou l’ARJEL? Non? Pourtant, ils vous coûtent un bras.

Prenons par exemple des autorités administratives indépendantes. Ces AAI sont, selon le Conseil d’État, des “organismes administratifs qui agissent au nom de l’État et disposent d’un réel pouvoir, sans pour autant relever de l’autorité du gouvernement“.

La notion d’autorité administrative indépendante est apparue, en France, dans les années 1970, sans être clairement définie à l’époque par la loi ou la jurisprudence. En clair, on les a instituées sans réellement savoir ce qu’elles seront et quelles seront leurs compétences.

Une loi du 20 janvier 2017 reconnaît 26 autorités administratives indépendantes différentes.

Combien gagnent les présidents de l’AMF, de la CNIL et du CSA? Voici les rémunérations des principaux présidents d’autorités administratives indépendantes. On vous donne leurs salaires bruts annuels et mensuels.

Le Top 10 est ouvert par le président de l’Autorité des marchés financiers avec un salaire annuel de 238 735 euros, et fermée par la présidente de la CNIL qui gagne 160 891 euros par an.

1. Robert Ophèle, président de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Vient du monde de la finance, il est nommé en juillet 2017 par Emmanuel Macron. Cette nomination suscite des interrogations en raison du lien familial de Robert Ophèle, beau-père de Julien Denormandie, ami et protégé d’Emmanuel Macron

Salaire: 238 735 euros annuels, soit 19 894 euros par mois.

2. Bernard Doroszczuk, président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN)

Salaire: 220 988 euros annuels, soit 18 415 euros par mois.

3. Dominique Le Guludec, présidente de la Haute Autorité de santé (HAS)

Salaire: 210 197 euros annuels, soit 17 516 euros par mois.

4. Jean-François Carenco, président de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Cet ancien préfet de la région Ile-de-France a déclaré qu’il a “sollicité cette nomination” parce qu’il serait atteint un an plus tard par la limite d’âge de 65 ans pour les carrières préfectorales. Une sinécure.

Salaire: 198 263 euros annuels, soit 16 521 euros par mois.

5. Charles Coppolani, président de l’Autorité de régulation des jeux en ligne (ARJEL).

Salaire: 195 434 euros annuels, soit 16 286 euros par mois.

6. Isabelle de Silva, présidente de l’Autorité de la concurrence.

Salaire: 194 456 euros annuels, soit 16 204 euros par mois.

7. Sébastien Soriano, président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP). Membre de l’équipe de campagne présidentielle de François Hollande, dès 2011, puis un proche de Fleur Pellerin.

Salaire: 191 543 euros annuels, soit 15 961 euros par mois.

8. Olivier Schrameck, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). La main droite de Lionel Jospin dans ses multiples fonctions ministérielles. Nommé à la présidence du CSA sans aucune compétence particulière dans ce domaine. Sa nomination est dénoncée comme un scandale et une récompense pour sa fidélité politique.

Salaire: 188 700 euros annuels, soit 15 725 euros par mois.

9. Francis Delon, président de la Commission nationale de contrôle de renseignement (CNCTR). Sa nomination s’est faite après des débats tendus à l’Assemblée et au Sénat et après une saisine des Sages transpartisane, ce qui est inhabituel. On pointait sa trop grande proximité avec les services qu’il doit contrôler.

Salaire: 170 894 euros annuels, soit 14 241 euros par mois

10. Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Elle fut nominée en 2007 au prix Big Brother Awards pour “sa collaboration déterminée à l’évitement de toute évaluation scientifique et contradictoire de l’utilisation du vote électronique en France, et notamment, courant 2007, des machines à voter“.

Salaire: 160 891 euros annuels, soit 13 407 euros par mois.

C’est vous qui payez. À vos portefeuilles!

Source: Challanges/Les Échos/Wikipedia/La Cour des Comptes

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