“En même temps”: Blanquer veut que les lycéennes s’habillent “normalement”, Schiappa crie au “sexisme”

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À la suite de plusieurs “affaires” de collégiennes ou lycéennes renvoyées chez elles la semaine dernière pour avoir porté des tenues non-conformes au règlement intérieur de leur établissement, une “journée de protestation” était organisée lundi dernier. Jean-Michel Blanquer n’a pas aimé.

Les tenues visées étaient en général des mini-jupes ou des “hauts” très courts. Dans l’Éducation nationale, le contrôle des tenues vestimentaires relève des règlements intérieurs de chaque établissement. Mais leur interprétation est laissée aux chefs d’établissement, ce qui leur vaut souvent des accusations d’arbitraire.

Ce “jour de protestation” des collégiennes et lycéennes organisé lundi contre les “tenues correctes exigées” qu’elles prétendent sexistes a été soutenu avec enthousiasme par l’ex-“secrétaire d’État chargée de l’Égalité femmes-hommes“, Marlène Schiappa.

“Des jeunes filles ont décidé spontanément partout en France de porter jupes, décolletés, crop top ou maquillage pour affirmer leur liberté face aux jugements et actes sexistes. En tant que mère, je les soutiens avec sororité et admiration”, a-t-elle twitté lundi.

Elle avait également déclaré au JDD qu’à ses yeux les tenues des femmes n’étaient “pas responsables du harcèlement sexuel” et que “l’indécence est dans les yeux de celui qui regarde”.

“Il est temps qu’on ait dans le pays, sur ce sujet, des positions équilibrées. Entre ceux qui veulent qu’on ne voit pas leur visage et ceux qui veulent avoir des tenues de tous ordres, je pense qu’il y a simplement une sorte de grand bon sens qu’on doit avoir”, a rétorqué le ministre de l’Éducation nationale.

Selon Jean-Michel Blanquer, “les chefs d’établissement sont évidemment dans leur rôle à faire respecter des tenues normales. On doit se garder des extrémités, on doit être dans une position d’équilibre et de bon sens. Ce qui est dommage, c’est que l’on cherche toujours à opposer les gens les uns aux autres sur des sujets simples. Il suffit de s’habiller normalement et tout ira bien”.

Une fois de plus, la Macronie applique sa dévastatrice tactique du “en même temps“: un ministre prône un peu de fermeté tandis qu’un autre se complait dans le laxisme, sous prétexte de “progressisme” et autres luttes contre de prétendues discriminations.

Ainsi, le pouvoir peut toujours s’abriter derrière les déclarations de l’un quand il est attaqué sur celles de l’autre. Résultat: la confusion mentale est à son comble et personne ne peut comprendre ce que ce gouvernement a réellement en tête.

D’ailleurs, qui peut dire ce que signifie “s’habiller normalement“? Nos jeunes sont déjà pris en tenaille entre les injonctions islamistes soutenant la dissimulation du corps des femmes, et celles de la culture pornographique incitant à l’hypersexualisation des adolescentes.

Comment choisir sa tenue quand la communication gouvernementale entretient une telle confusion entre deux aspects si totalement antinomiques du pseudo-féminisme contemporain? Pour reprendre une expression humoristique en vogue, “la question, elle est loin d’être répondue”.

On notera au passage que dans cette passe d’arme assez ridicule entre ministres antagonistes et gamines incultes en quête d’une cause de révolte, on cherche en vain les prises de position des vrais responsables de la “tenue correcte” des collégiennes et lycéennes: leurs parents…

Source: LCI

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