Une ancienne sénatrice jugée pour avoir minimisé la responsabilité d’un labo dans le scandale du Mediator

Image d'illustration Photo: Pixabay
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Depuis lundi, Marie-Thérèse Hermange, ex-sénatrice UMP, comparaît à Paris pour avoir modifié un rapport sur le Mediator afin de minimiser la responsabilité des laboratoires Servier, sous l’influence d’un consultant du groupe, jugé à ses côtés avec l’ex-numéro deux de Servier.

Début 2011, un peu plus d’un an après le retrait du marché du Mediator, le Sénat lance une mission d’information sur le scandale. Mme Hermange en est le rapporteur. Elle est souvent en contact avec Claude Griscelli, un ancien directeur de l’Inserm qu’elle connaît depuis 25 ans et qui la “conseille” sur ce dossier technique.

M. Griscelli, 84 ans, était à l’époque consultant pour Servier depuis 10 ans et rémunéré jusqu’à 90 000 euros par an, ce qu’elle prétend ignorer.

Un soir, elle lui demande de venir au Sénat l’aider sur le rapport. Une “visite clandestine”, dont elle n’informera pas ses collaborateurs, et que M. Griscelli racontera au téléphone au numéro 2 de Servier, alors sur écoute: “J’ai regardé des phrases-clefs, importantes, qui concernaient la responsabilité de Servier. J’ai fait changer pas mal de choses”.

“Bravo”, lui répond Jean-Philippe Seta, jugé pour trafic d’influence aux côtés de M. Griscelli. “J’ai par contre accentué beaucoup les reproches que l’on peut faire à l’Afssaps” (devenue l’ANSM, l’Agence nationale de sécurité du médicament).

“Très bien”, répond M. Seta. “Décidément, je n’ai même pas besoin de te donner de conseils, tu anticipes tout, c’est parfait”.

“Si j’avais su que Claude Griscelli avait un lien quelconque avec un laboratoire, je ne l’aurais jamais consulté”, soutient la prévenue de 73 ans.

Source: AFP

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