Justice islamiste: un chrétien condamné à mort pour “un texto sur le Prophète Mahomet”

Asif Pervaiz (en blanc) / Photo: DR
Asif Pervaiz (en blanc) / Photo: DR

Mardi, un tribunal de Lahore, au Pakistan, a condamné à mort un chrétien après l’avoir reconnu coupable d’avoir envoyé des textos contenant un “contenu blasphématoire”

Asif Pervaiz, âgé de 37 ans, en détention “provisoire” depuis plus de 7 ans, est accusé de blasphème, dénoncé par le superviseur de l’usine de confection où il travaillait, pour lui avoir envoyé des textos avec des “remarques désobligeantes” sur le fondateur de la religion musulmane.

Le décision de la cour statue que l’accusé “sera pendu par le cou jusqu’à sa mort” après avoir purgé d’abord une peine supplémentaire de trois ans de prison pour avoir “abusé de son téléphone portable” pour envoyer le texto désobligeant. Il doit également payer une amende de 50 000 roupies (255 euros), un peu plus qu’un salaire mensuel moyen.

Asif Pervaiz avait nié toutes les accusations portées contre lui et s’était contenté de transmettre les SMS en question. Selon son avocat, “il a déjà passé sept ans à attendre la décision du tribunal. Qui sait combien d’années encore il devra attendre jusqu’à ce que tout cela soit terminé?

Asif Pervaiz affirme que son superviseur, qui avait essayé de le convertir à l’Islam, l’avait accusé de blasphème après qu’il a quitté son travail à l’usine.

La fondation Farrukh Saif affirme que, quatre ans avant les faits, le père de l’accusé a dû subir les mêmes accusations tandis que sa famille, forcée de se convertir à l’islam par Sapa-e-Sahaba, un groupe islamiste radical interdit depuis, a dû fuir son village.

Les lois pakistanaises sur le blasphème sont souvent utilisées à mauvais escient pour persécuter les minorités ou même contre les musulmans pour régler des rivalités personnelles. De telles accusations peuvent aboutir à des lynchages.

Jusqu’à 80 personnes sont emprisonnées dans le pays pour de telles accusations, dont la moitié risquent la prison à vie ou la peine de mort. Si d’aventure les accusés sont libérés par la justice, ils sont souvent victimes de lynchages.

En juillet, un citoyen américain d’origine pakistanaise a été abattu dans une salle d’audience par un adolescent pour “venger le prophète Mahomet”. Le tireur a été glorifié comme un “guerrier saint” par ses partisans et des milliers de personnes se sont rassemblées pour demander sa libération.

Source: Reuters/ DW/ Fondation Farrukh Saif

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