Affaire Obono: que contient vraiment le “roman de l’été” de Valeurs Actuelles?

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Le dernier “roman de l’été” de Valeurs Actuelles met en scène la députée LFI Danielle Obono transportée dans l’Afrique du XVIIIe siècle et confrontée à l’esclavage. Depuis sa parution vendredi, l’ensemble de la classe politique et médiatique gesticule en feignant l’indignation et condamne le magazine. Mais on dirait bien que personne ne l’a lu…

Dans chacun de ses numéros de cet été, le magazine Valeurs Actuelles publiait un “roman de l’été“, une nouvelle de quelques pages imaginant les réactions d’une personnalité politique d’aujourd’hui transportée à un autre moment de l’Histoire. Éric Zemmour, par exemple, assistait à la bataille de Waterloo, et François Fillon vivait la Révolution française.

Le dernier, paru vendredi, envoie la députée “insoumise” Danielle Obono, d’origine gabonaise, dans un village du Tchad au XVIIIe siècle. La politicienne d’extrême gauche, connue pour sa proximité avec les “indigénistes” et autres “décoloniaux”, est donc confrontée à la réalité africaine de l’époque.

En bonne politicienne, elle commence par tenter de convertir ses nouveaux voisins à ses thèses démocratiques et féministes, mais sans aucun succès: elle suscite bien au contraire l’irritation de tout le village, dont le chef finit par la vendre comme esclave à une tribu voisine.

Commence alors pour elle “un inimaginable calvaire, une interminable marche vers le nord, odyssée pitoyable jalonnée de coups, de tortures, de cris de douleur, de cadavres abandonnés le long de la route“. Castration des hommes, viol des fillettes, aucune des horreurs de l’esclavage africain n’est épargnée aux lecteurs.

L’Obono imaginaire est ensuite cédée à des marchands d’esclaves arabes qui la “mettent en vente” sur le marché de Mourzouk. Mais comme elle ne trouve pas d’acquéreur, elle doit reprendre la route jusqu’à Tripoli, où elle est finalement achetée par un Turc, ambassadeur du pacha de Smyrne.

Elle est forcée de travailler chez lui pendant trois ans, jusqu’à sa rencontre fortuite avec un moine français “appartenant à un ordre mendiant appelé Notre-Dame-de-la-Merci, qui s’était fixé pour mission de racheter les fils et filles de la chrétienté réduits en esclavage“.

Le moine la rachète à son “propriétaire” et la ramène en France. Hébergée dans un couvent, l’Obono fictive finit par prendre goût à la vie monastique et se laisse séduire par les beautés du christianisme. Aucune trace de racisme dans ce récit, mais des vérités apparemment insupportables pour la bien-pensance de l’époque.

Oui, les esclaves africains étaient réduits en esclavage et vendus par d’autres Africains. Oui, les marchands arabes exportaient des esclaves africains dans tout le monde musulman depuis des siècles avant que les Européens ne se lancent momentanément  dans ce commerce abject.

Et oui, les esclavagistes arabes castraient les hommes pour en faire des eunuques. Et oui, les sociétés africaines traditionnelles étaient souvent patriarcales et misogynes. Et oui, les Européens et l’Église catholique essayaient de racheter certains de ces captifs pour leur rendre la liberté.

Les voilà, les vérités contenues dans “Obono l’Africaine“, le dernier “roman de l’été” de Valeurs Actuelles. Et c’est sans doute ce que ne supportent pas les politiciens, de l’extrême gauche jusqu’au trésorier du RN, du Premier ministre à la Ligue de Défense Noire Africaine. À moins qu’ils n’aient tout simplement pas lu le texte?

Une grande partie des critiques se focalise en effet sur une image. La nouvelle est  illustrée par une vingtaine de dessins, dont la plupart sont des gravures anciennes retravaillées numériquement, représentant des convois d’esclaves et des marchands arabes ou africains. Mais l’une de ces illustrations représente une Africaine de profil, portant autour du cou un anneau relié à des chaînes.

Il ne fait aucun doute que c’est bien la députée mélenchoniste qui se trouve représentée, puisque l’image illustre une fiction dont elle est l’héroïne involontaire. Mais, en-dehors de ce contexte, elle ressemble à des millions d’autres Africaines. C’est pourtant cette image qui semble avoir particulièrement “choqué” Danielle Obono et les dizaines de politiques qui en profitent pour lui afficher leur “soutien”, s’octroyant ainsi un brevet d’antiracisme à peu de frais.

En criant au scandale pour une image, les hypocrites se dispensent de commenter le fond du texte, et pour cause: Il ne s’y trouve pas un mot que l’on puisse sérieusement qualifier de “raciste”, mais une quantité de vérités que nos politiciens préfèrent dissimuler. Et, au passage, les auteurs y ridiculisent les postures “indigénistes”, “décoloniales”, pseudo-féministes et révolutionnaires de la députée d’extrême gauche.

Voilà ce qui vaut à Valeurs Actuelles d’être traité de “torchon d’extrême droite“, voilà ce que le garde des Sceaux dit “détester“, voilà ce qui suscite “l’indignation” du Premier ministre, voilà ce qui vaut à Danielle Obono un coup de fil “de soutien” d’Emmanuel Macron. Voilà aussi ce qui démontre qu’aucun d’entre eux n’a vraiment lu le texte…

Source: Valeurs Actuelles

6 Commentaires

  1. Le dessin de profil, il est tout-à-fait le portrait d’une femme africaine avec qui j’ai eu jadis une fort agréable aventure. Et elle ne s’appelait pas Danièle Boniche.

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