Chine-USA: et si la Troisième Guerre mondiale avait déjà commencé?

Image d'illustration / Photo: Wikimedia Commons
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“Le Parti communiste chinois a éviscéré les libertés de Hong Kong”. Éviscéré! Le terme est d’une violence terrible, et calculée au millimètre: en tweetant ce message hier, Mike Pompeo savait ce qu’il faisait: il présentait Xi Jinping comme un monstre.

La diplomatie américaine n’utilise pas ce genre de termes sans y réfléchir longuement. L’administration Trump ne se contente pas de critiquer durement la politique totalitaire de Pékin et ses intentions impériales. Elle semble également nous préparer à des événements majeurs.

Ce tweet de Pompeo, qui fait suite à l’arrestation scandaleuse d’un magnat de la presse démocratique à Hong Kong, est une pièce supplémentaire du puzzle guerrier qui se met en place entre Washington et le Parti communiste chinois. Listons-en les éléments essentiels pour rendre la situation compréhensible.

D’abord, Xi veut la peau de Trump. Ensuite, Trump veut la peau de Xi. Et cette double intention de détruire l’ennemi se déploie sur plusieurs champs de bataille à la fois. Le commerce international, la diplomatie, la puissance militaire, la propagande politique, l’espionnage, les réseaux sociaux, sont mobilisés, des deux côtés, avec une puissance de feu jamais vue depuis le duel entre Ronald Reagan et l’URSS.

Xi Jinping a battu Donald Trump sur le dossier de Hong Kong. Malgré de nombreux et louables efforts, l’Amérique n’a pas réussi à empêcher la Chine de détruire intégralement les libertés politiques de cette ville parmi les plus dynamiques et les plus intelligentes au monde. Pour Trump, c’est une humiliation. Pour Xi, c’est une victoire majeure. La Chine a réussi à tenir à distance la puissance américaine, à lui faire baisser la garde et à la faire taire. Xi veut donc maintenant doubler la mise.

Il a choisi une nouvelle cible: Taïwan. Et tous les observateurs s’accordent à considérer qu’il ira jusqu’au bout de sa logique: transformer cette île en territoire totalitaire, comme il l’a fait avec Hong Kong.

Sauf que, cette fois, Donald Trump ne pourra pas reculer. Ou plus exactement: s’il recule sur le dossier de Taïwan comme sur celui de Hong Kong, alors, il aura perdu son sceptre de défenseur des libertés, par lâcheté. Et le monde occidental ne le lui pardonnera pas. Xi Jinping pourra lancer une politique impérialiste de plus en plus agressive, sans risque d’être contré. “Taïwan” sera alors, au XXIe siècle, l’équivalent de “Munich” au XXe: un signe de déshonneur.

Et si la Troisième Guerre mondiale était déjà commencée? Et si Trump, monstrueusement fragilisé par la pandémie à quelques mois des élections, débordé par la nouvelle extrême gauche américaine, et empêtré dans une situation économique catastrophique, était en train de perdre cette guerre?

Et si l’apparition du nouveau coronavirus, sorti d’un laboratoire chinois, avait changé le monde en faisant pencher la balance géopolitique en faveur du communisme technologique? On a le droit d’être inquiet. Il est possible que le salut de notre civilisation se joue bientôt à Taïwan. Malheur aux vaincus.

Analyse: FL24

 

 

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