Renault: 7,3 milliards de pertes au 1er semestre

Usine Renault à Flins / Photo: Capture d'écran YouTube
Usine Renault à Flins / Photo: Capture d'écran YouTube

Jamais Renault n’avait fait état d’une perte nette aussi énorme : 7,3 milliards d’euros pour les six premiers mois de ­2020. Le groupe était déjà affaibli avant l’épidémie de Covid 19, il est maintenant pénalisé par les pertes de Nissan.

Pendant les deux premiers trimestres, les pertes de Nissan, dont ­Renault possède 43 % du capital, ont pesé pour 4,8 milliards d’euros sur les ­résultats du groupe, dont 4,3 milliards de dépréciations d’actifs.

De son côté, Renault reconnaît une perte d’exploitation de 2 milliards d’euros au cours de cette période, incluant une dépréciation de 445 millions d’euros pour prendre en compte des ­”hypothèses de volume de ventes revues” à la baisse “pour certains véhicules”.

La perte comprend également des provisions aux charges de restructuration pour un montant de 166 millions d’euros, décrites comme “principalement liées au plan de départs anticipés en France”.

Avec une chute de 34,3 %, le chiffre d’affaires de Renault n’a pas reculé davantage que celui de ses concurrents. Mais, au moment où PSA affiche un bénéfice net de 595 millions d’euros, le contraste est impitoyable pour l’ancienne régie.

La situation est sans précédent. Elle n’est pas sans appel”: jeudi, le nouveau ­directeur général, Luca de Meo, ancien dirigeant de Seat, a donné quelques indications sur la stratégie sur 6 ou 7 ans qu’il dévoilera en janvier prochain.

Première phase: la reconstruction et la baisse des coûts. Le groupe n’écoule que 4 millions de véhicules par an, alors qu’il est “taillé” pour en vendre 6 millions. Un plan d’économies de 2 milliards d’euros sur trois ans doit réajuster l’ingénierie et les capacités industrielles… d’où l’annonce, fin mai, de 15.000 suppressions d’emplois dans le monde, dont 4 600 en France.

La génération de cash et l’optimisation du chiffre d’affaires, notamment via la politique tari­faire, seront également sous surveillance. Selon Luca de Meo, Renault va désormais “privilégier la valeur sur les volumes” en se concentrant sur les régions où les perspectives de marges sont les plus importantes, comme l’Europe. Les pays émergents passeront au second plan.

“Le centre de gravité de la gamme de Renault doit être plus haut”, estime également le dirigeant, qui juge aussi que ­Dacia mérite de “s’épanouir” davantage comme une marque à part entière, et qu’Alpine “pourrait être mieux exploitée”.

Le retournement du groupe prendra du temps: “Il faudra atteindre 2022 et 2023 pour voir la main de la nouvelle équipe”, reconnaît Luca de Meo. Clotilde Delbos, la directrice financière, s’attend à un “bon” troisième trimestre mais sans visibilité au-delà. En attendant, le titre a perdu près de 9 % hier.

Sorce: Le Figaro

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