Pakistan: la fête musulmane de l’Aïd al-Adha fera-t-elle replonger le pays dans la pandémie?

Image d'illustration / Photo: Pixabay
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Les autorités pakistanaises encouragent les gens à acheter en ligne des moutons sacrificiels pour la fête musulmane de l’Aïd al-Adha ou, au moins, à porter un masque lorsqu’ils se rendent aux marchés aux bestiaux, craignant que les préparatifs de la fête ne fassent exploser le nombre d’infections de coronavirus.

Cette année, les restrictions gouvernementales en matière de distanciation sociale, notamment la fermeture pour une demi-journée, ont entraîné une baisse de la clientèle sur les marchés normalement très fréquentés qui, comme dans d’autres pays musulmans, sont installés dans le centre des villes.

Les commerçants parcourent souvent des centaines de kilomètres pour vendre leur cheptel de moutons que chaque famille musulmane doit en principe égorger pour la fête, selon les prescriptions rituelles islamiques.

Le principal marché aux bestiaux de Karachi, la plus grande ville du Pakistan, était moins fréquentée ce week-end que les années précédentes, avec seulement six jours avant l’une des plus importantes fêtes de l’islam.

La plupart des visiteurs ont bafoué l’obligation de porter un masque et beaucoup étaient accompagnés d’enfants dont la présence, cette année, est interdite.

Le Pakistan a recensé plus de 270 000 cas de coronavirus avec près de 6000 décès. Ces derniers jours, le nombre de nouveaux cas d’infection s’élevait à un peu moins de 1200 par jour, contre près de 7000 le mois dernier. Ce pic a été observé à l’occasion d’une autre fête musulmane, celle d’Aïd al-Fitr.

Au cours des quatre dernières semaines, la propagation de la pandémie s’est considérablement ralentie, avec une baisse de 80% des décès“, a déclaré dimanche le ministre de la Santé, Zafar Mirza, lui-même testé positif à la Covid-19 il y a peu.

Au cours de l’Aïd dernier, comme les rassemblements se sont multipliés, les gens ont voyagé et cette interaction a fait monter les cas en flèche“, a-t-il déclaré. “Les gens devraient prendre cela très au sérieux et agir de manière responsable. Il y a une possibilité que les cas augmentent à nouveau, comme en Espagne“.

Alors que le nombre de visiteurs du marché a diminué, de plus en plus de personnes paient des associations caritatives — comme le permettent les règles de l’islam — pour abattre des ovins en leur nom en partage, ou faire don de ce qui leur revient aux nécessiteux.

Source: Reuters

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