Macron confie une “mission sur la guerre d’Algérie” à un inconditionnel de la repentance

Benjamin Stora /Capture d'écran YouTube
Benjamin Stora /Capture d'écran YouTube

C’est l’Élysée qui l’a annoncé vendredi: Emmanuel Macron a reçu vendredi l’historien Benjamin Stora et lui a confié une mission sur “la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie“, en vue de favoriser “la réconciliation entre les peuples français et algérien“.

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune, qui réclamait il y a quelques semaines des “excuses de la France pour la colonisation“, a quant à lui nommé le docteur Abdelmadjid Chikhi, directeur général du centre national des archives algériennes, pour mener un travail de “vérité” sur les questions mémorielles entre les deux pays.

La lettre de mission de Benjamin Stora indique qu'”il importe que l’histoire de la guerre d’Algérie soit connue et regardée avec lucidité. Il en va de l’apaisement et de la sérénité de ceux qu’elle a meurtris“. Pour Macron, il en va aussi “de la possibilité pour notre jeunesse de sortir des conflits mémoriels“.

Les conclusions de cette mission, dont la présidence explique qu’elle “permettra de dresser un état des lieux juste et précis du chemin accompli en France sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie, ainsi que du regard porté sur ces enjeux de part et d’autre de la Méditerranée”  sont attendues pour la fin de l’année.

Benjamin Stora est né en 1950 à Constantine, dans l’Algérie alors française. Il  est l’un des spécialistes les plus réputés de l’histoire de l’Algérie, en particulier de la guerre de 1954-1962 qui aboutit à l’indépendance du pays.

De 1968 à 1984, il a été membre du groupe trotskiste “Alliance des jeunes pour le socialisme”, organisation de jeunesse de l’AJS-OCI, Organisation Communiste Internationaliste, dirigée par Pierre Lambert.

Lors du congrès de Nanterre en 1980, il fut l’un des principaux fondateurs du syndicat UNEF-ID, mobilisant des éléments de gauche (des trotskystes lambertistes comme lui, et des socialistes) en dehors du PCF.

En 1985, Benjamin Stora a rejoint le PS, emmenant avec lui l’ensemble du secteur jeunesse de l’OCI,  au sein du courant “Convergences socialistes”. Mais il a ensuite quitté officiellement tout engagement politique organisé en 1988.

Figure de la “gauche anticolonialiste”, il est, entre autres, l’auteur d’une biographie du nationaliste algérien et leader indépendantiste Messali Hadj, fondateur du Mouvement National Algérien et proche des trotskystes français. Son travail est souvent jugé trop orienté en faveur de l’Algérie.

Daniel Lefeuvre, autre spécialiste de l’histoire algérienne, lui a par exemple reproché de ne citer “que les chiffres du FLN sur le nombre de victimes des représailles aux massacres de Philippeville, dans son documentaire “Guerre d’Algérie, la déchirure“. 

Il avait jugé que Stora faisait preuve “d’un parti-pris inacceptable de la part d’un historien pour qui le doute critique fait loi, quelles que soient les sympathies qu’il entretient avec son objet de recherche“.

Hier soir, l’avocat de droite Gilles-William Goldnadel tweetait: “Décidément ce président n’en rate pas une. L’historien gauchisant le plus engagé sur le chemin de la repentance et de la culpabilisation françaises. Entre l’inconscience et la provocation, mon coeur dégoûté balance“.

Source: 20 Minutes/ Wikipedia/ Twitter

 

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