Qui est Shamima Begum, la “mariée de Daesh”? FL24 vous raconte tout

Shamima Begum avant et après / Photo: Capture d'écran YouTube
Shamima Begum avant et après / Photo: Capture d'écran YouTube

La “mariée de Daesh”, Shamima Begum, avait 15 ans lorsqu’elle a fui le Royaume-Uni pour rejoindre le groupe terroriste en Syrie, mais maintenant elle peut rentrer chez elle pour tenter de récupérer sa nationalité. Qui est exactement cette fille, quel est son parcours et pourquoi son retour en Europe constitue-t-il une menace?

Shamima Bégum était étudiante à la Bethnal Green Academy, un collège-lycée, dans l’est de Londres lorsqu’elle a décidé, avec deux autres filles de son école, Amira Abase et Kadiza Sultana, de se rendre en Syrie via la Turquie, en 2015 pour y rejoindre l’État islamique.

Deux semaines après son arrivée à Raqqa, l’adolescente de 15 ans a été mariée à un djihadiste âgé de 23 ans, Yago Riedijk, un Néerlandais converti à l’Islam. Le couple a eu trois enfants, qui sont aujourd’hui tous morts.

Riedijk a été impliqué dans un complot terroriste dans sa ville natale d’Arnhem, aux Pays-Bas. Il était en contact avec une cellule de sept personnes qui planifiaient un attentat terroriste au cours d’un festival de rock, à Arnhem.

La cellule terroriste a été infiltrée par les agents de renseignement qui leur ont fourni des armes factices qui n’ont pas fonctionné lors de l’attaque contre des policiers en 2018.

Fait prisonnier par les forces de la coalition anti-djihadiste à Baghuz, le dernier bastion de l’État islamique, Yago Riedijk est actuellement détenu dans un centre de détention kurde au nord-est de la Syrie.

En juillet 2019, il a été condamné par contumace à six ans de prison aux Pays-Bas, pour appartenance à une organisation terroriste.

Shamima Begum était enceinte de neuf mois de son troisième enfant lorsqu’elle s’est manifestée auprès des journalistes dans un camp de réfugiés après avoir quitté l’État islamique suite à son effondrement.

Elle a dit qu’elle voulait retourner au Royaume-Uni pour le bien de son bébé.

Je ne pouvais tout simplement pas le supporter. Maintenant, tout ce que je veux, c’est rentrer en Grande-Bretagne“, a-t-elle déclaré à la presse.

A l’époque, elle a déclaré que ses deux précédents enfants étaient morts en l’espace de trois mois — une fille, Sarayah, tombée malade, et un garçon, Jerah, dont la mort a été attribuée à la malnutrition. Son troisième bébé, Jarrah, est mort d’une infection pulmonaire à l’âge de deux semaines, en mars 2019.

La mort du nouveau-né est survenue un mois après que le ministère de l’intérieur britannique eut retiré sa nationalité à “la mariée de Daesh”, la considérant comme une menace pour la sécurité du pays.

Les enfants ne devraient pas souffrir, donc si un parent perd sa citoyenneté britannique, cela n’affecte pas les droits de son enfant“, avait déclaré à l’époque l’ancien ministre de l’intérieur, Sajid Javid.

Il a cependant ajouté que Shamima Bégum était bangladaise de souche et qu’elle pouvait donc prétendre à retourner dans son pays d’origine.

Elle a lancé un recours juridique contre la décision de lui retirer sa nationalité, arguant que cela la rendait apatride. Elle a également déclaré que, au Bangladesh d’où ses parents sont originaires, elle risquait “la mort, un traitement inhumain ou dégradant” .

Jeudi, Shamima Bégum a gagné une victoire dans ce combat, la Cour d’appel britannique ayant unanimement accepté qu’elle puisse retourner au Royaume-Uni pour contester la révocation de sa citoyenneté.

Le ministère de l’Intérieur britannique a promis de faire appel de la décision des juges.

Shamima Bégum, qui a eu l’occasion de parler plusieurs fois aux médias, semble toujours adhérer à l’idéologie de l’État islamique et n’a jamais condamné les agissements des djihadistes, y compris les plus inhumains.

Selon le Daily Telegraph, elle a servi dans la “police de la moralité” de l’État islamique et a également essayé de recruter d’autres jeunes femmes pour rejoindre le groupe djihadiste. Elle a été autorisée à porter un fusil Kalachnikov et a acquis la réputation d’appliquer strictement les lois de Daesh, comme les codes vestimentaires pour les femmes.

De plus, il existe des témoignages selon lesquels Shamima Bégum a cousu “des gilets explosifs pour des kamikazes qui ne puissent pas être enlevés sans exploser“.

Quand j’ai vu ma première tête coupée dans une poubelle, cela ne m’a pas du tout ébranlée. C’était celle d’un combattant capturé sur un champ de bataille, un ennemi de l’Islam“, a-t-elle déclaré.

Elle a également déclaré que l’attentat de 2017 à Manchester, qui a fait 22 morts, était justifié.

L’affaire Shamima Begum rappelle un certain nombre d’autres cas de ce genre, comme la “Mamie Djihad” et sa famille, en France, ou l”affaire Hoda Muthana, née aux États-Unis, qui s’est enfuie en Syrie pour rejoindre l’État islamique en 2014 mais qui a supplié de retourner dans son pays d’origine, prétendant avoir subi un “lavage de cerveau”.

Source: The Times/ Daily Mail

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