L’État contre Nokia: la preuve de l’inculture totale de la Macronie

Emmanuel Macron/DR
Emmanuel Macron/DR

Nokia annonce un plan social en France: 1233 postes vont être supprimés. Ce qui met la Macronie très en colère. La nouvelle ministre déléguée à l’industrie, Agnès Pannier-Runacher, a réagi en agitant ses petits bras impuissants.

“Nous sommes aux côtés des salariés et des élus pour pousser l’entreprise dans ses retranchements!”, a-t-elle déclaré.

Commençons par noter que “pousser les entreprises dans leurs retranchements” n’est pas le rôle d’un haut fonctionnaire, mais d’un militant marxiste-léniniste.

Agnès Pannier-Runacher est une pure technocrate à la française, bardée de diplômes et au CV long comme le bras. Elle est connue pour trouver Macron “époustouflant”, ce qui en dit long sur son sens des réalités. Alors, elle croit qu’elle peut décider du destin des entreprises comme on remplit un formulaire.

Mais, en réalité, elle n’y connaît rien. Car elle ignore que Nokia est une entreprise aujourd’hui en danger parce que sa direction internationale a commis des erreurs stratégiques majeures dans les dernières décennies.

Fondée en 1865, Nokia fut autrefois une marque-star sur toute la planète. Mais ses dirigeants s’endormirent sur leurs lauriers. Dès la fin du XXème siècle, le nom de Nokia fut associé à des échecs à répétition. Incapacité à restructurer correctement les diverses activités de l’entreprise, choix d’innovation aberrants, baisse de la qualité des produits: pendant que ses concurrents rivalisaient de créativité, Nokia se prenait les pieds dans le tapis d’un marché impitoyable pour les traînards.

En 2004, de nombreux observateurs et experts affirmaient que la marque allait droit dans le mur. En 2010, on disait qu’elle ne parviendrait plus jamais à rattraper son retard sur Apple. Aujourd’hui, on la regarde agoniser.

Les analystes américains de l’INSEAD expliquent: “Le déclin de Nokia dans le domaine des téléphones portables ne peut s’expliquer par une seule réponse simple. Les décisions de gestion, les dysfonctionnements des structures organisationnelles, la bureaucratie croissante et les profondes rivalités internes, ont tous contribué à empêcher Nokia de saisir à temps le passage d’une concurrence basée sur les produits à une concurrence basée sur les plateformes.”

En résumé, Nokia se casse la figure parce que la vie est ainsi faite: elle ne fait pas de cadeaux aux entreprises qui se laissent déconcentrer par leurs propres victoires. Nokia va de plus en plus mal, personne ne voit comment la sauver, et cela a des conséquences concrètes jusqu’en France: 1233 postes à supprimer.

Alors, Agnès Pannier-Runacher peut bien s’indigner, hurler, menacer, s’arracher les cheveux, ça ne changera rien: Nokia est sur le déclin, chez nous comme ailleurs. Agnès Pannier-Runacher, en prétendant pousser la marque “dans ses retranchements”, fait du Mélenchon: faute de comprendre l’économie, elle veut instaurer la tyrannie. Ça n’a jamais marché et ça ne marchera jamais. Le socialisme ne sauvera pas les emplois de Nokia France.

Soit Agnès Pannier-Runacher bluffe, soit elle est complètement crétine. Il n’y a pas de troisième solution.

Sources: site de l’INSEAD, Le Figaro

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