INÉDIT! Un président en exercice inculpé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité

Hashim Thaçi et Emmanuel Macron / Photo: DR
Hashim Thaçi et Emmanuel Macron / Photo: DR

Le gouvernement kosovar ne participera pas ce week-end aux discussions sous médiation américaine prévues à la Maison-Blanche avec la Serbie. La raison? Le président de cette province sécessionniste serbe, Hashim Thaçi, a été inculpé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Hashim Thaçi et son Premier ministre, Avdullah Hoti, devaient s’entretenir à Washington avec une délégation serbe dans l’objectif de normaliser les relations avec Belgrade, qui ne reconnaît pas l’indépendance de l’ancienne province serbe, proclamée en 2008.

Du fait de ces nouveaux développements, je dois rentrer à Pristina pour gérer la situation“, explique le chef du gouvernement kosovar sur sa page Facebook.

Cette “nouvelle situation”, c’est l’inculpation du président du Kosovo pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, y compris meurtres, disparitions forcées de personnes, persécution et torture, ce qui est assez inédit pour un pays européen au XXIe siècle.

Le Bureau du procureur spécial sur le Kosovo (SPO), qui siège à La Haye, a annoncé mercredi la mise en accusation d’Hashim Thaçi, ancien chef de la guérilla kosovare, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité entre 1998 et 2000, dont une centaine de meurtres.

Premier ministre du Kosovo de 200 à 2014, puis élu président en 2016, Hashim Thaçi a été l’un des chefs de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) pendant l’insurrection de 1998-2000, soutenue par les Occidentaux, mais aussi par l’islam radical, contre les forces de Belgrade dans cette province serbe.

Selon un rapport de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, Hashim Thaçi était à la tête du groupe criminel de Drenica, suspecté notamment de trafic d’organes prélevés sur des prisonniers, principalement serbes, entre 1998 et 2000.

On le soupçonne d’avoir ordonné, en 1997-1998, un certain nombre d’assassinats contre ses rivaux en conjonction avec les services secrets albanais, dont les hommes politiques et les journalistes.

Avant accéder au pouvoir, dans sa phase “guérillero”, Hashim Thaçi a été accusé d’avoir financé les activités de l’UCK en participant à un trafic d’héroïne et de cocaïne à destination de l’Europe de l’Ouest.

Tout au long de sa carrière de guérillero et d’homme politique, Hashim Thaçi a joui d’une protection de la diplomatie française. Arrêté à l’aéroport de Budapest, en juin 2003, sur la base d’un mandat d’arrêt international, il est libéré après une intervention du ministère des Affaires étrangères français.

Lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner avait traité d'”imbéciles” et de “criminels” les journalistes qui révélaient les crimes de Thaçi. Maintenant, son choucou tombe.

Source: Reuters/ Wikipedia

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