Une “Fête de la musique” plus merdique que jamais?

Franck Riester / Photo: Wikimedia Commons
Franck Riester / Photo: Wikimedia Commons

La Fête de la Musique, c’est d’abord célébrer la musique, et on en a besoin, elle nous a aidés pendant le confinement, c’est un art très populaire“, a péroré le très théorique ministre de la Culture, Franck Riester, au micro d’Europe 1. Mais les mesures anti-Covid-19 risquent de la rendre encore plus minable que d’habitude.

Pour la macronie, il n’est pas question d’organiser ce “rendez-vous annuel” n’importe comment, mais bien de respecter les “gestes barrières” tout en proposant “quelque chose pour le 21 juin qui ait de la gueule“, comme Riester l’annonçait sans rire dès le 15 mai dernier.

De nombreuses mesures de restriction doivent donc encadrer la tenue de cet “événement”. Au premier rang d’entre elles: l’interdiction des rassemblements de plus de dix personnes sur la voie publique, toujours en vigueur puisque nous sommes toujours en phase de déconfinement.

C’est pourquoi il sera interdit de proposer des concerts spontanés dans l’espace public: lors d’événements improvisés, il serait impossible de garantir le respect des “gestes barrières” censés endiguer la propagation de l’épidémie.

“A priori, on se dirige vers l’impossibilité de pouvoir organiser spontanément un concert dans la rue. Aujourd’hui, on interdit les rassemblements de plus de dix personnes et on voit bien qu’un concert dans la rue, il y aura plus de dix personnes qui seront attroupées”, a tenu à préciser le ministre.

Heureusement, Franck Riester a deux excellentes idées pour compenser ce léger désagrément. Première proposition: faire en sorte que les spectacles soient organisés dans des salles, dans les “territoires classés verts”, les départements où la circulation du virus est identifiée comme lente. Ce qui recouvre aujourd’hui la totalité du territoire métropolitain.

Les “EPR” (Etablissements Recevant du Public), comme les bars, les restaurants et les cafés, seront en effet autorisés à organiser des manifestations musicales “dans le respect des règles sanitaires établies par le décret du 31 mai 2020“: distanciation physique d’au moins un mètre entre deux personnes, obligation de porter un masque.

Et la seconde proposition ministérielle est encore plus spectaculaire: Les musiciens sont appelés à jouer… de leur balcon. Le ministère en a appelé pour cette année à une “fédération citoyenne autour d’une chanson emblématique du patrimoine de la chanson française de ces 30 dernières années“. Les artistes sont censés interpréter ledit morceau de chez eux, à une heure très précise communiquée par les autorités!

On l’aura compris, l’édition 2020 du pathétique raout annuel démagogiquement instauré par Jack Lang en 1982 a toutes les chances d’être la plus minable de sa lamentable Histoire.

Mais à quelque chose malheur est bon: Cela nous évitera peut-être le vacarme électronique, les rassemblements d’ivrognes et les dégradations de l’espace public qui caractérisent habituellement cette soi-disant “Fête de la Musique”.

Source: La Dépêche du Midi

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