Pourquoi la France tombe-t-elle en ruine? Le cancer du colbertisme avec Renault et la voiture électrique

Emmanuel Macron Photo: Wikimedia Commons
Emmanuel Macron Photo: Wikimedia Commons

Pourquoi la France tombe-t-elle en ruine malgré les nombreux efforts des Français? Nombreux sont les facteurs, mais tous convergent: moins de liberté, plus de contrôle de l’État, plus d’impôts, plus de bureaucratie, voilà la recette de ce qui empoisonne la vie économique.

Composant de ce cocktail perdant: le dirigisme économique, aussi connu sous le nom de colbertisme, est un fléau majeur qui détruit l’économie. Un exemple récent prouve toute la nocivité de cette politique, celui de Renault très en difficulté à cause de la direction que lui a imposée l’État.

Dans une tribune paru dans Le Figaro, Rémy Prud’homme, professeur des Universités en économie, et auteur de plusieurs ouvrages dont L’Idéologie du réchauffement (L’Artilleur), explique que l’État impose trois exigences en donnant des subventions à Renault.

1. Produire électrique. On vient de le mentionner: la part du véhicule électrique qui est inférieure à 2% actuellement, doit en un tournemain passer à 50%. Cela veut dire diminuer de moitié la production de véhicules thermiques, c’est-à-dire mettre à la casse la moitié de l’outil de production, et au rebut la moitié du savoir-faire des travailleurs de la firme.

L’expérience des dix dernières années montre que les Français n’ont guère envie de voitures électriques: les rares qui se vendent sont achetées par des entités publiques ou comme deuxième voiture.

Qu’à cela ne tienne! L’État, qui est riche, subventionnera ces voitures-là à plus de 7000 euros pièce. La voiture thermique payait beaucoup d’impôts; la voiture électrique nécessitera beaucoup de subventions. L’électrique, nous dit-on, est une technologie d’avenir.

2. Produire en France. La délocalisation et la désindustrialisation sont bien entendu déplorables. Mais elles ne proviennent pas principalement des caprices anti-français de nos industriels. Elles s’expliquent par les désavantages relatifs du site France, en termes de charges, de règlements, d’interdictions, d’injonctions; et plus généralement par la haine pour l’industrie qui caractérise la société française depuis une trentaine d’années. Pour la pensée dominante, “usine=exploitation+pollution”. Relocaliser sans changer cet environnement est une gageure.

3. Produire moins mais avec autant de travailleurs. En bon français, cela veut dire: diminuer la productivité du travail. Le contraire de ce qu’il faut faire pour développer une industrie, au moins dans une économie non-autarcique.

Chacune de ces trois exigences suffirait à rendre très difficile l’indispensable rebond de Renault. Leur cumul le rend impossible, hélas. Dans la fable de La Fontaine, l’agitation de la mouche ne fait nullement avancer le coche; dans la France d’aujourd’hui, c’est bien pire, elle l’empêche d’avancer.

Source: Le Figaro

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