La Norvège revient sur le confinement: on a paniqué en l’instaurant, ça n’a pas servi à grand-chose

Image d'illustration / Photo: Flickr
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Le Premier ministre de Norvège, Erna Solberg, a déclaré à la télévision qu’elle s’est laissé impressionner par la panique en instaurant le confinement. Elle a affirmé que certaines, voire la plupart des mesures strictes imposées dans le cadre du confinement sont allées trop loin.

“Était-il nécessaire de fermer les écoles?” s’est-elle interrogée en direct. “Peut-être pas“, a-t-elle admis. “J’ai probablement pris beaucoup de décisions par peur“, influencée par des images terrifiantes de la situation en Italie, qui inondaient alors les écrans.

Elle n’est pas la première en Norvège à conclure que le confinement était peut-être excessif et n’a pas servi à grand-chose. L’Institut norvégien de santé publique (NIPH) a publié une note indiquant qu’au moment où le confinement a été imposé, le 12 mars, le taux de contamination était déjà tombé à 1,1. Il est passé sous la barre de 1 le 19 mars.

La Norvège a bien réussi à maîtriser la pandémie: il n’y avait que 30 personnes hospitalisées, cinq sous respirateur et un seul décès, la semaine dernière. Le taux de décès par habitant est désormais de 44 par million de personnes, soit paradoxalement un peu plus que celui constaté dans la Suède voisine, où il n’y avait aucun confinement.

Mais ce succès a eu un coût social et économique énorme. Un comité d’experts a estimé que ces mesures avaient coûté à la Norvège 2,7 milliards de couronnes (250 millions d’euros) par mois. La fermeture des écoles a coûté 6,7 milliards de couronnes avec, au mieux, “peu d’impact”.

En plus, avec seulement 0,7% de Norvégiens infectés, selon les estimations de l’IPNH, la population ne jouit pratiquement d’aucune immunité.

Le comité a conclu que le pays devrait éviter le confinement s’il y a une deuxième vague: “Nous recommandons une approche beaucoup plus légère. Nous devrions commencer par des mesures au niveau individuel et s’il y a une deuxième vague, nous devrions avoir des mesures locales, et éviter les mesures au niveau national“.

Le NIPH est allé plus loin, et a suggéré que les fermetures d’écoles pourraient même avoir contribuer à augmenter la propagation du coronavirus. Si les écoles n’avaient pas été fermées, elles auraient pu jouer un rôle en informant les personnes des communautés d’immigrants des règles d’hygiène et de distanciation sociale.

Les élèves peuvent apprendre ces mesures à l’école et les enseigner à leurs parents et grands-parents. Au moins pour certaines personnes de ces minorités difficiles à atteindre, le maintien des enfants à l’école pourrait avoir un effet positif.

Nous aurions pu obtenir les mêmes effets et éviter certains des impacts malheureux sans le confinement, mais avec des mesures de contrôle de l’infection.

Source: The Sunday Telegraph

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