Sanofi suspend ses deux essais cliniques sur l’hydroxychloroquine et prive les patients de ce médicament

Image d'illustration / Photo: Fotolia
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Sanofi a annoncé vendredi suspendre temporairement le recrutement de nouveaux patients dans le cadre de ses deux essais cliniques sur l’hydroxychloroquine et suspendre la livraison de ce médicament en raison des interrogations sur ses effets secondaires.

Cette décision intervient alors que l’essai clinique sur l’hydroxychloroquine mené par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur des patients contaminés par la COVID-19 a été suspendu par mesure de sécurité.

Cette décision a porté un coup majeur aux espoirs placés dans ce traitement, défendu en France par le professeur Didier Raoult, à Marseille, et vanté par le président américain Donald Trump.

Sanofi avait lancé deux essais cliniques randomisés et contrôlés sur l’hydroxychloroquine pour la COVID-19.

Le premier devait tester 210 patients aux États-Unis, en France, en Belgique et aux Pays-Bas qui n’étaient pas hospitalisés et qui souffraient du stade précoce de la maladie.

Le second était axé sur les patients hospitalisés atteints de COVID-19, dans un état modéré à sévère en Europe. Il était prévu d’y inclure environ 300 patients.

Les réserves de l’OMS sur ce traitement ont été alimentées par une étude publiée dans la revue britannique The Lancet selon laquelle ce traitement augmenterait le taux de mortalité des patients et présenterait des effets secondaires importants sur le plan cardiaque.

Vendredi, le Lancet a publié une étude sur la chloroquine, négative dans ses conclusions, et prise aussitôt pour prétexte par l’OMS et les autorités sanitaires en France pour se précipiter et interdire le médicament.

Le professeur Philippe Froguel, un éminent scientifique dans le domaine de la recherche médicale, dézingue sans pitié la prétendue étude de The Lancet qui “pose de gros problèmes“, avec des arguments on ne peut plus scientifiques. “Les données sont trop bizarres, pas fiables. On ne sait même exactement d’où elles viennent, ni comment ils se les sont procurées“, affirme le professeur lillois. “Du coup, les conclusions ne peuvent pas être fiables.

Lancet, c’est le tabloïd de la presse médicale. Ils font le buzz avec des données fake“, s’emporte le scientifique. Et il ne mâche pas ses mots. “Ce papier est une merde en grande partie fabriquée par une firme inconnue qui voulait se faire de la pub.”

La presse française l’a repris sans réfléchir tandis que le gouvernement macroniste a sauté sur l’occasion pour “régler ses comptes avec Raoult‘ en interdisant la chloroquine.

C’est un règlement de comptes politique pour arrêter la prescription désorganisée de choloroquine“, affirme Philippe Froguel. “Pour tuer la chloroquine, on s’appuie sur un article qui n’est pas scientifique.”

Sanofi et son rival Novartis s’étaient engagés à fournir des quantités importantes de doses d’hydroxychloroquine. Dommage pour les malades…

Source: Reuters

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