L’expertise médicale affirme que non, les gendarmes n’ont pas tué Adama Traoré

Assa Traoré infiltrant les Gilets Jaunes/Capture d'écran Youtube
Assa Traoré infiltrant les Gilets Jaunes/Capture d'écran Youtube

Arrêté le 19 juillet 2016 à Beaumont-sur-Oise au terme d’une course-poursuite, Adama Traoré était décédé 2 heures plus tard dans la caserne des gendarmes de Persan. Une nouvelle expertise médicale écarte à nouveau la responsabilité de la technique d’interpellation des gendarmes dans ce décès.

Petit délinquant multi-récidiviste, Adama Traoré avait déjà échappé à une première interpellation ce même jour de canicule, et son arrestation avait été plutôt mouvementée. “Il a pris le poids de nos corps à tous les trois” avait dit l’un des gendarmes lors d’un interrogatoire, suscitant des interrogations sur la méthode employée.

Les trois gendarmes impliqués avaient été placés sous le statut intermédiaire de témoins assistés et depuis, la défense et la famille se livrent une bataille judiciaire mais aussi médicale.

L’entourage d’Adama Traoré avait en effet cherché à faire de son décès le symbole de supposées violences policières racistes, déclenchant une suite de manifestations et autres émeutes, ainsi que la création d’un comité “Justice pour Adama” très actif.

Une expertise de synthèse ayant conclu le 14 septembre 2018 que “le pronostic vital était engagé de façon irréversible” avant l’interpellation, les juges s’apprêtaient à rendre un non-lieu, mais la famille avait relancé les investigations en versant au dossier un rapport de médecins

Ce rapport attribuait la mort à “un syndrome asphyxique aigu” et invitait à “se poser la question de l’asphyxie positionnelle ou mécanique“. Une nouvelle expertise avait donc été ordonnée par les juges d’instruction en charge de cette affaire sensible.

Adama Traoré n’est pas décédé “d’asphyxie positionnelle”, mais d’un œdème cardiogénique“, concluent aujourd’hui les médecins. “l’association d’une sarcoïdose pulmonaire, d’une cardiopathie hypertrophique et d’un trait drépanocytaire ont probablement pu y contribuer dans un contexte de stress intense et d’effort physique, sous concentration élevée de tétrahydrocannabinol” (le principe actif du cannabis).

Ce n’est que la troisième expertise qui vient conforter l’absence de toute responsabilité des gendarmes“, a réagi Me Rodolphe Bosselut, avocat des gendarmes. Mais cela suffira-t-il a mettre un terme aux revendications victimaires de “Justice pour Adama”?

Source: Le Point

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