Cannabis: amendes pour les usagers, renoncement face aux dealers

cannabis-thc/Max-Pixel
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A compter du mois prochain, une nouvelle mesure doit être expérimentée dans 3 villes de France pour lutter contre le marché du cannabis. Une sévérité accrue contre les consommateurs qui masque le renoncement à poursuivre les trafiquants.

Dans l’état actuel de la législation, l’usage illicite de stupéfiants est théoriquement puni d’un an d’emprisonnement et de 3.750 euros d’amende, mais de telles sanctions sont rarement prononcées et varient beaucoup d’un département à l’autre.

C’est à Rennes, à Reims et à Créteil que doit être testé, à partir de la mi-juin, un nouveau système d’amendes forfaitaires pour les fumeurs de cannabis suffisamment stupides pour le consommer en public dans la rue.

Selon Philippe Astruc, le procureur de la République de Rennes, il s’agirait de “s’attaquer à la demande alors que la lutte antidrogue s’est jusqu’à présent essentiellement consacrée à l’offre“. L’amende forfaitaire est censée permettre de “responsabiliser l’usager“.

Ce sont les clients qui font prospérer ces commerces à caractère mafieux et cela a un impact sur la qualité de vie dans certains quartiers“, assure ce procureur. “Moins il y aura de demande et plus on pourra agir efficacement contre l’offre“.

En vérité, les pouvoirs publics ont renoncé depuis longtemps à s’attaquer aux gangs de dealers exerçant dans les cités “sensibles”, où ils sont protégés par leurs réseaux de guetteurs et de complices.

Toute tentative d’incursion des forces de l’ordre dans ces quartiers y entraine des émeutes, caillassages et autres tirs de “mortiers d’artifice”, parfois même de Kalashnikov ou autres armes de guerre.

Il est beaucoup plus facile de s’attaquer aux consommateurs. L’usage du cannabis est aujourd’hui tellement banalisé que de nombreux amateurs n’hésitent pas en fumer dans la rue, soit par insouciance, soit avec une volonté de provocation.

Ce seront donc ces usagers, la plupart du temps inoffensifs, qui feront les frais de la lâcheté des pouvoirs publics renonçant à s’attaquer aux réseaux criminels qui pourrissent la vie des habitants paisibles des cités.

Aux dernières nouvelles, l’amende prévue serait de 200 euros mais ce montant pourra être minoré à 150 euros ou, au contraire, majoré à 450 euros selon le délai de paiement. Une inscription au casier judiciaire est également prévue.

Pour l’anecdote, l’envoi et l’encaissement desdites amendes sera effectué par… le Centre nationale de Traitement Automatisé des Infractions  Routières, justement basé à Rennes.

Source: 20 Minutes

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