L’Etat va donner à Renault des milliards tout en l’autorisant à fermer des usines en France

Image d'illustration / Photo: Pixabay
Image d'illustration / Photo: Pixabay

Alors qu’Emmanuel Macron doit dévoiler demain mardi un plan de soutien au secteur automobile, le groupe Renault a annoncé une fermeture possible de trois sites en France. Au lieu de rebondir, l’Etat français, si prompt à imposer ses conditions aux petits, laisse Renault faire tout en lui versant des milliards.

C’est Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, qui a déclaré ce lundi matin sur BFM TV que le gouvernement n’exigera pas un engagement de Renault à ne fermer aucun site industriel en France.

Bien sûr que nous serons attentifs à chaque emploi et à chaque salarié“, a affirmé le ministre, “mais nous voulons laisser la possibilité à Renault d’adapter son outil de production“. Adapter surtout avec des milliards de l’Etat qui vont bientôt arriver dans sa poche, versés directement ou via la généreuse prime à la casse.

Selon les informations du quotidien économiques Les Echos, le constructeur automobile Renault envisage de fermer trois sites en France dans le cadre de son plan d’économies, dont l’usine d’assemblage de Dieppe, le site de rénovation moteurs de Choisy-le-Roi et le site de production de véhicules à Flins, dans les Yvelines.

Le groupe doit présenter fin mai un plan de réductions de coûts drastiques. Elle doit trouver deux milliards d’euros sur trois ans après avoir accusé l’an dernier sa première perte nette en dix ans. Il est à craindre que le gel d’activités causé par le confinement n’enfonce encore les finances du groupe.

Mais le géant de l’industrie automobile, où les billes de l’Etat représentent 15,01%, peut compter sur la générosité du gouvernement, contrairement aux PME assassinées par le confinement. Selon Bruno Le Maire, un prêt bancaire garanti par l’Etat de 5 milliards d’euros va “aider le groupe à traverser la crise”.

La profonde injustice de cette mesure saute aux yeux de toute personne de bon sens. Quand on est un géant, il est plus facile de se débrouiller: crédits bancaires privées, économies d’échelle, discipline budgétaire plus stricte, recentrage sur des activités plus rentables etc. Quand on est petit, et de surcroît surtaxé, comme c’est le cas en France, un mois sans activité peut être fatal.

En France, les faillites d’entreprises devraient bondir de 25%, en 2020, tandis que 55 % des dirigeants de PME craignent la faillite à cause du confinement, selon une enquête de la Confédération des petites et moyennes entreprises.

Source: Les Echos/ Boursorama

1 COMMENTAIRE

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici