La rémunération du personnel hospitalier est-il le véritable problème de l’hôpital public?

Image d'illustration/DR
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“Du fric, du fric pour l’hôpital public!”, voilà à quoi les syndicats ont réduit les revendications du personnel soignant après avoir accaparé leur contestation, pour servir leur propre combat idéologique obsolète, qui pollue non seulement l’hôpital, mais en vérité tous les secteurs d’activité, en étant assez loin de régler les problèmes de fond.

Ce lundi, le “Ségur de la santé” est censé tirer les leçons de la crise et refonder le système de santé. Mais l’objectif est pour Emmanuel Macron, de récupérer cet électorat qui lui a dit ne plus croire en lui, en lançant “un plan massif d’investissement et de revalorisation de l’ensemble des carrières”.

Les revendications seront cadenassées par l’ex-secrétaire générale de la CFDT Nicole Notat, et les débats dureront sept semaines. Plus d’argent semble être la seule injonction politco-médiatique de ce dysfonctionnement pourtant chronique de l’hôpital public. À la vérité, cela ne fera que calmer la colère justifiée des soignants, mais pas les véritables problèmes.

Car la question est bien: Pourquoi les soignants exigent-ils d’être mieux payés? Car leurs conditions de travail se sont effondrées. Le matériel manquant, une mauvaise organisation du temps de travail, du fonctionnement hospitalier, le tout paralysé par une dictature bureaucratique qui vampirise intégralement leurs efforts.

À tout cela s’ajoute la question hautement sensible et taboue, de l’insécurité du personnel au contact d’une population de plus en plus violente, une réalité camouflée par les médias qui s’acharnent sans cesse à tourner un remake de Germinal, et dont cette réalité politiquement incorrecte vient entacher le roman syndicaliste.

Tout le monde le comprend, de telles conditions sont inacceptables, mais au lieu de régler en amont les problèmes, le gouvernement comme à son habitude cède à la facilité: déverser encore plus d’argent magique dans un système de santé largement plus coûteux et ruineux que ceux d’autres pays de toute évidence plus efficaces, comme la Suisse.

Car le problème ne se résoudra pas à coups de dépenses publiques dont les Français ne peuvent déjà plus supporter les conséquences. Car dépenser “plus de fric” c’est aussi et surtout en prélever plus, alors que nos concitoyens subissent déjà un taux d’imposition réel confiscatoire qui s’élève jusqu’à 80% en moyenne dans les estimations les plus basses.

Il faut un changement drastique de ce système de santé afin de permettre que le travail valeureux des soignants ne soit pas réduit à néant par la mauvaise gestion naturelle de l’État.

Source: Le Figaro, FL24

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