Syndrome de Stockholm. Il n’est pas encore terminé, mais il y a déjà des nostalgiques du confinement…

Image d'illustration / Photo: DR
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Une très grande majorité de Français bout probablement d’impatience en attendant de pouvoir, dès cette nuit à minuit, retrouver sa liberté de déplacement. Mais, au même moment, un article des Dernières Nouvelles d’Alsace donne la parole aux premiers nostalgiques… du confinement.

La “ville sans voitures”, ces “nuits paisibles”, ces journées à “prendre le temps de lire, de ranger”, ces courses “qui deviennent des moments précieux et non des obligations précipitées”. Et puis le soir, à vingt heures, “applaudir avec des voisins qu’on ne connaissait même pas”. Hélène, une Mulhousienne habitant le quartier Europe-Nouveau Bassin-Nordfeld, est honnête: ‘Moi, le confinement, j’aime. Oui, je n’ai pas de problèmes de place, d’argent ou de travail. Oui, il y a des contraintes ennuyeuses. Mais j’aime ces semaines.’

Tom, professeur des écoles du Haut-Rhin, évoque quant à lui des moments en famille qu’il n’imaginait pas revivre. “On s’est retrouvés, avec ma femme et nos trois garçons, tous lycéens ou étudiants, à recréer un cocon familial, sous le même toit. Un sentiment étrange et euphorique de possessivité jubilatoire “.

Même sentiment de plénitude pour Édith, de Mulhouse: “Ce confinement me fait un bien fou. Je crois que je n’ai jamais été aussi heureuse qu’en cette période“, souligne-t-elle en songeant au télétravail.”Je travaille sans doute plus qu’au bureau mais à mon rythme, entourée de mes affaires, de mes souvenirs. C’est comme si je me sentais protégée“.

Chloé, de Strasbourg, dit avoir bien supporté la situation: “Casanière de nature, j’avais déjà l’habitude de télé-travailler dans mon ancien boulot pour une radio“, raconte celle qui a renoué avec la lecture et s’est “enfin” mise à la couture.

Je crois que si on me demande de tenir encore deux mois, ça m’ennuierait un peu mais je le ferai. Parce que je suis bien dans mon appartement, que ça me soulage de ne plus prendre les transports en commun pour aller au travail… et qu’on s’est rendu compte, avec mon copain, que l’on pouvait passer plus de 50 jours ensemble sans être l’un sur l’autre !“, ajoute-t-elle.

Quant à Anne, journaliste elle aussi strasbourgeoise, elle dit avoir vécu les choses en deux temps: d’abord un sentiment “angoissant” d’être enfermée dans son appartement du centre-ville, alors qu’elle qui passe sa vie dehors: “Il y avait un côté temps suspendu, un peu irréel“.

Mais elle s’est ensuite lancée dans plusieurs projets, notamment une web-radio. Avec le déconfinement, elle appréhende de “faire le deuil d’un monde confortable“, après avoir eu tout loisir de réfléchir à son rapport au temps et à la solitude. “Ça m’a façonnée“, ajoute-t-elle en conclusion.

Ils sont sans doute minoritaires, et des millions de Français aspirent surtout à retrouver leur liberté, à pouvoir sortir de chez eux sans attestation, à retrouver un style et un rythme de vie normaux. Mais qui peut jurer qu’avec le temps, nous ne vivrons pas tous à notre tour des instants de nostalgie de cette période de confinement?

Source: DNA

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