Victoire de Raoult: l’incroyable censure de la presse française

Photo / Les Échos / DR
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Hier, jeudi 26 mars 2020, était une journée historique. À 15 heures précises, le site internet du Journal officiel annonçait une nouvelle qu’une immense majorité de Français attendait depuis des jours: l’autorisation de la chloroquine pour tous les cas déclarés de Coronavirus. Allait s’ensuivre une des plus incroyables censures jamais vues dans la presse française. FL24 vous raconte tout: une plongée dans les abysses de l’info.

À 15 heures 15, BfmTv et FL24 reprenaient l’information sur leurs sites. À 15 heures 55, le Professeur Didier Raoult la relayait sur son compte Twitter. Et puis… plus rien, ou presque. En fin d’après-midi, France3 lui consacrait un article, et il faudra attendre 5 longues heures avant que Le Figaro ne se décide à en faire son titre principal, vers 20 heures. 5 heures de retard sur l’événement! Une incroyable lenteur.

Mais il y a bien pire que Le Figaro: ce matin à l’aube, Le Monde et Libération et nombre d’autres médias français, n’en parlaient toujours pas. Pas une ligne, pas un mot, rien. Que s’est-il passé? Comment deux des plus grands titres de la presse nationale, et tant d’autres avec eux, ont-ils pu passer à côté du scoop le plus important de la semaine? Une question vient tout de suite à l’esprit: est-ce la conséquence d’une censure d’État dictatoriale, décidée par Macron et Véran, pour minimiser la victoire du Professeur Raoult, laquelle est une défaite pour le Conseil scientifique de l’Élysée? Nos médias ont-ils été directement manipulés par le gouvernement, menacés des pires sévices s’ils parlaient de cette info?

La réponse est: pas tout à fait. Sans quoi France3, site public d’information, à la solde du pouvoir, n’aurait même pas évoqué le sujet. L’explication est à chercher ailleurs: elle est multiple. Et elle est encore plus grave que s’il s’était agi d’une simple censure d’État.

Raison numéro 1: l’AFP. En France, la plupart des médias s’abreuvent à la même source: l’AFP (Agence France Presse), société faussement privée, mais en réalité pieds et poings liés à l’État, qui la finance et la surveille de très près. Or, à l’heure où nous écrivons ces lignes, à notre connaissance après examen, on ne trouve toujours pas trace de cette information, pourtant majeure, sur le site grand public de l’AFP.

Raison numéro 2: la paresse. Les médias, grands ou petits, qui font confiance à l’AFP n’ont donc pas parlé du revirement de l’Élysée. Ils n’ont pas pris la peine de jeter un œil au Journal officiel. Ils n’ont même pas repéré que BfmTv et FL24 avaient lancé le sujet. Ils ont attendu que l’AFP leur donne la becquée. La plupart attendent encore.

Raison numéro 3: le politiquement correct. Ce n’est un secret pour personne: en France, le journalisme professionnel est un métier de centre-gauche. Les journalistes vraiment de droite sont une minorité. Et même les médias de droite sont largement infiltrés par des rédacteurs venus du socialisme, très respectueux du politiquement correct. Or, Didier Raoult est extrêmement insolent: il n’a peur ni des politiciens, ni de la presse, ni d’user d’un langage grossier pour dire ce qu’il pense. De plus, il est opposé aux fanatiques du climat, et il intéresse Donald Trump. Même son look dérange les petits esprits, fragiles et timides, issus des écoles de journalisme françaises, de Sciences Po et des facultés de sciences humaines. Autant de raisons pour le marginaliser, malgré son immense popularité.

Raison numéro 4: la honte. Ces dernières semaines, la presse française n’a pas soutenu Didier Raoult. Alors que les réseaux sociaux bouillaient d’admiration pour le Professeur (par exemple, le groupe Facebook Didier Raoult vs Coronavirus, hyperactif, compte plus de 285 000 membres), les grands médias ont préféré prendre, plus ou moins discrètement, le parti du Conseil scientifique de l’Élysée. Une fois l’autorisation de la chloroquine officielle révélée, ils se sont trouvés pris à contre-pied. Et ils ont horreur de cela, car ils sont incapables de faire leur mea culpa. Avoir tort les angoisse. Quand ils s’aperçoivent de leur erreur, ils préfèrent faire comme s’ils n’avaient rien vu.

Raison numéro 5: l’incompétence. Il suffisait de lire le communiqué du Journal officiel pour en tirer les conséquences qu’ont tirées BfmTv et France24. Mais d’innombrables journalistes ne comprennent les événements que si on les leur explique. Lire un texte de loi et le décoder, c’est trop compliqué pour eux, trop risqué. Ils ont besoin que les politiciens concernés leur expliquent le sens et la portée de l’élément. Incapables d’analyser ce qu’ils constatent, ils attendent que des “experts” leur tiennent la main.

Raison numéro 6: la soumission. Bien sûr, il y a aussi les lâches, qui préfèrent attendre que tous les grands médias annoncent une nouvelle avant de l’évoquer à leur tour. Ils ont peur de se faire gronder par l’Élysée, qui les tient à la gorge par les subventions.

Raison numéro 7: l’Élysée. Alors, oui, peut-être, les proches de Macron ont-ils passé quelques coups de fil à telle ou telle rédaction pour lui dire: “Minimise l’information, et je te donnerai des scoops dans les semaines qui viennent.” C’est une technique courante dans la Cinquième République. Mais cela ne suffit aucunement à expliquer une censure quasi-générale portant sur un retournement de veste aussi impressionnant de la part du pouvoir.

Bilan: le fait majeur de l’actualité de la semaine a été quasiment passé à la trappe. Vous comprenez mieux, maintenant, comment fonctionne la presse française. Et vous comprenez mieux pourquoi FL24 est l’ennemi juré du politiquement correct: le prendre pour cible toujours et partout, par réflexe et par méthode, nous a permis d’être parmi les tout premiers à vous annoncer la très belle victoire du Professeur Raoult.

En pleine angoisse nationale provoquée par l’épidémie, le confinement, l’effondrement du système hospitalier français, la détresse des soignants, des policiers, des militaires, l’affreux entassement des agonisants et les morts, notre peuple a été privé de la meilleure nouvelle du mois. Ce n’est pas seulement une atteinte à notre droit à l’information, mais également, et surtout, un affront à notre envie et notre besoin d’être fiers de la France et de ses chercheurs. Le monde entier parle du Professeur Raoult, mais nos médias prennent des airs dégoûtés quand il terrasse le pouvoir, au terme d’une partie de bras-de-fer qui a passionné la nation. On ne saurait imaginer plus grand décalage entre les médias et la rue.

Les grands médias adorent décider de ce qui est fake news et de ce qui ne l’est pas. Ils ont une véritable phobie des réseaux sociaux, beaucoup plus libres, beaucoup plus rapides et beaucoup plus populaires qu’eux. Mais cette affaire démontre un fait fondamental: la pire de toutes les fake news, c’est le silence, quel que soit son alibi. Dans le monde des mafias, on appelle cette forme venimeuse d’autocensure: l’omerta.

Analyse: FL24. Paris, vendredi 27 mars, 7 heures du matin.

 

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